Kerry martèle ses critiques sur le bilan économique du président sortant
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Greensboro -- Confirmant un changement de stratégie, le candidat démocrate à la présidentielle John Kerry martèle depuis quelques jours ses critiques contre le bilan économique du président George W. Bush en mettant l'accent sur les délocalisations.
«À travers toute l'Amérique, des société ont fermé leurs portes, mettant au chômage des gens qui travaillent dur, laissant des communautés entières sans aide et sans espoir. Et savez-vous quel est le choix de George W. Bush? C'est le mauvais. Il encourage l'exportation des emplois américains», a dénoncé le candidat démocrate, qui a ajouté que ses valeurs étaient au contraire le «fabriqué aux États-Unis».
Le candidat démocrate a accusé l'administration Bush d'avoir constamment défendu les délocalisations, faisant remarquer qu'un conseiller économique de Bush avait déclaré qu'elles étaient «une bonne chose» et que la secrétaire au Travail, Elaine Chao, avait affirmé la semaine dernière qu'elles permettaient de créer des emplois.
Depuis vendredi, le candidat démocrate a choisi de concentrer ses attaques sur ce qu'il considère comme le point faible de son adversaire républicain. Ce ton plus offensif correspond également à l'arrivée dans l'équipe de Kerry d'anciens conseillers de l'ex-président Bill Clinton, dont un ancien porte-parole, Joe Lockhart.
Bill Clinton a conseillé à Kerry d'attaquer Bush sur l'économie, selon la presse américaine, et de moins évoquer son passé pendant la guerre du Vietnam. Lors de la convention démocrate à Boston, John Kerry avait insisté sur ses faits d'armes dans ce conflit et sa capacité à assurer la sécurité des États-Unis face à la menace terroriste.
Hier, Kerry a aussi concentré ses attaques sur la politique fiscale du président Bush. Selon lui, l'administration Bush a constamment défendu des réductions d'impôt pour les sociétés qui délocalisent des emplois à l'étranger.
«C'est mauvais d'accorder des réductions d'impôt aux compagnies qui expédient nos emplois à l'étranger», a déclaré John Kerry.
Le candidat démocrate a promis qu'il mettrait fin aux réductions d'impôt pour les sociétés qui expédient des emplois à l'étranger et récompenserait en revanche celles qui créent des emplois aux États-Unis.
Le ton et les discours de John Kerry sont devenus plus offensifs depuis quelques jours. Comme la veille, John Kerry a ironisé sur la lettre «W» brandie par des partisans de George W. Bush en signe de soutien pendant la campagne.
«L'autre jour, le long de la route, dans le bus de campagne, j'ai vu un grand W. D'abord, j'ai été un peu troublé. Puis, tout est devenu clair. Comme le président aime le dire, ce n'est pas compliqué. Il s'agit d'une lettre, W. George W. Bush. Et que pensez-vous que W signifie? De mauvais [wrong en anglais] choix, une mauvaise direction pour l'Amérique», a-t-il déclaré.
Égrenant les politiques du président Bush qu'il juge mauvaises, il a répété comme un refrain cette phrase: «C'est W et c'est mauvais. De mauvais choix, la mauvaise direction.»
Il a aussi à nouveau attaqué le président Bush sur la politique en Irak. «Le choix le plus catastrophique est la pagaille qu'il a créée en Irak, a-t-il déclaré. J'aurais fait tout différemment [...]. C'était une erreur de se précipiter pour faire la guerre sans plan pour gagner la paix», a-t-il ajouté.

