Darfour - L'ONU exclut des sanctions rapides contre le Soudan

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AFP
Édition du mardi 07 septembre 2004

Mots clés : darfour, onu

Oslo -- Le moment d'imposer des sanctions contre le gouvernement soudanais «n'est pas encore venu», a estimé hier Jan Pronk, le représentant spécial pour le Soudan du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a rappelé sa préférence pour un envoi massif d'observateurs au Darfour.

«On devrait toujours garder les sanctions à l'esprit en tant qu'ultime instrument», a déclaré M. Pronk à quelques journalistes après une rencontre avec le ministre norvégien des Affaires étrangères Jan Petersen, à Oslo.

«Mais le moment n'est pas encore venu d'utiliser cet ultime instrument», a-t-il aussitôt ajouté.

Ces propos interviennent près d'une semaine après l'expiration de l'ultimatum donné par l'ONU au gouvernement soudanais: le 30 juillet, le Conseil de sécurité avait voté une résolution accordant 30 jours à Khartoum pour rétablir la sécurité au Darfour et secourir la population sous peine de sanctions.

M. Pronk a décerné quelques bons points au gouvernement soudanais, tels qu'une amélioration sensible de la sécurité ou l'interruption de «la politique désastreuse du retour forcé», tout en notant qu'il péchait encore sur le «chapitre-clé», à savoir le désarmement des milices.

«Je n'ai aucune preuve de coopération étroite entre l'armée et les Djandjawids», a-t-il affirmé.

«Ce que je veux voir, c'est une armée qui combatte les Djandjawids, mais elle ne le fait pas [...] Si elle ne peut pas le faire, [le gouvernement soudanais] doit demander le soutien de la communauté internationale», a-t-il précisé.

Plutôt que des sanctions, M. Pronk a réitéré son souhait de voir la communauté internationale envoyer des observateurs sur place. «Le principal instrument à la disposition de la communauté internationale pour protéger les populations est d'envoyer des observateurs, qu'ils soient africains ou autres, pour peu qu'ils soient suffisamment nombreux, avec un bon mandat et beaucoup de soutien logistique», a-t-il dit.

«Même si vous ne les appelez pas "force de protection", mais "force d'observation", si vous en envoyez des milliers, cela dissuadera les Djandjawids d'attaquer», a-t-il ajouté.

Les Djandjawids, milices arabes progouvernementales, sont accusées de massacrer les populations noires africaines du Darfour (ouest du Soudan) et de pratiquer des viols systématiques.

Depuis février 2003, les affrontements entre les rebelles de la région, qui dénoncent une «marginalisation» du Darfour, et ces milices, ont fait entre 30 000 et 50 000 morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes.

Il y a actuellement quelque 120 observateurs de l'Union africaine (UA) dans cette région grande comme la France. Ils sont protégés par une force de l'UA d'environ 300 hommes.

Hier, des pourparlers entre des représentants des rebelles et du gouvernement soudanais à Abuja achoppaient sur la question du désarmement et de la sécurité, alors que ces discussions sous l'égide de l'UA entrent dans leur troisième semaine.


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