La guerre du sirop d'érable reprend de plus belle
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Des producteurs de sirop d'érable et des transformateurs artisans s'unissent pour demander à la ministre de l'Agriculture, Françoise Gauthier, d'importantes modifications au système de mise en marché du sirop d'érable.
Un groupe d'acériculteurs et de transformateurs vient en effet de former une nouvelle coalition, qui affirme représenter entre 25 et 30 % du total de la production de sirop.
En conférence de presse hier à Montréal, le groupe a demandé de reprendre le contrôle de la vente de leur sirop d'érable, critiquant par le fait même la fédération de l'UPA et l'agence de vente du sirop, qui met en commun les sirops, les offre en vente et entrepose les surplus, le cas échéant.
Épaulés par l'animateur et sympathisant de l'Union paysanne, Daniel Pinard, ils ont demandé à la ministre Gauthier de suspendre l'application du plan conjoint de mise en marché du sirop d'érable et d'en enlever la gestion à la fédération de l'UPA.
Les producteurs membres de cette coalition disent vouloir vendre leur sirop comme ils le veulent et avoir la liberté de choisir quel organisme les représente et le type de mise en marché qu'ils désirent.
Selon la coalition, le système actuel de mise en marché contrôlée «met en danger l'avenir du sirop d'érable comme produit du terroir unique au Québec et la survie de milliers de producteurs».
M. Pierre St-Germain, président de l'Association des érablières-transformateurs artisans des produits de l'érable, demande à la ministre que ces transformateurs soient exclus du plan conjoint pour qu'ils «puissent continuer sans restriction le développement de la mise en marché des produits acéricoles du Québec».
«Rien ne va plus dans le sirop, s'est exclamé de façon imagée M. Pinard. Il faut absolument changer les choses.»
Le communiqué de la coalition qui a été remis à la presse fait état de tensions telles que «la violence risque d'éclater un peu partout» si rien n'est fait pour corriger la situation. On y reproche à la ministre d'avoir peur de se mettre à dos l'UPA et, en conséquence, de laisser traîner les choses.
À la Fédération des producteurs acéricoles, Pierre Lemieux soutient que le système actuel a été institué par les acériculteurs eux-mêmes, justement pour assurer plus de stabilité dans les prix, donc le revenu des agriculteurs. «Avant [la mise sur pied de l'agence], les producteurs vendaient eux-mêmes leur sirop d'érable aux transformateurs. Ils étaient à la merci des transformateurs pour être payés.» L'agence de vente a permis, selon M. Lemieux, de civiliser le marché.
Presse canadienne

