La CSDM demande un traitement de faveur

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Marie-Andrée Chouinard
Édition du vendredi 03 septembre 2004

Mots clés :

Les parents n'ont pas les moyens d'assumer la hausse prévue pour les services de garde

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) supplie le ministre de l'Éducation de maintenir les frais de garde scolaire à 5 $ par jour pour ses élèves défavorisés car elle croit que les parents n'ont pas les moyens d'assumer la hausse prévue, comme l'indiquent les deux millions de comptes toujours impayés.

Alors que les services de garde scolaire se sont animés cette semaine avec l'arrivée massive des enfants à l'école, la CSDM fait appel au ministre de l'Éducation, Pierre Reid, pour empêcher dans son milieu la hausse prévue de 5 $ à 7 $ par jour pour la garde des élèves en dehors des heures de classe.

«Nous prenons acte de la décision gouvernementale, mais nous vous demandons de prendre en considération la situation dramatique d'une grande partie des jeunes qui fréquentent nos services de garde», écrit la présidente de la CSDM, Diane De Courcy, dans une lettre au ministre dont Le Devoir a obtenu copie. «Nous sommes conscients que les services de garde doivent s'autofinancer. Cependant, chez nous, [...] les chiffres parlent trop fort.»

À la CSDM, 28 000 des élèves -- soit plus du tiers -- proviennent de milieux à faible revenu. Même si les véritables données ne seront connues qu'à la fin du mois, un sondage mené récemment auprès des parents a permis de craindre que 3000 élèves, essentiellement de cinquième et sixième année, ne s'inscriront pas aux services de garde précisément à cause de la hausse des coûts et «iront intensifier un phénomène longtemps décrié, celui de la clé dans le cou».

La présidente de la CSDM demande donc une faveur à Pierre Reid: «Nous vous demandons de nous permettre de maintenir les coûts des services de garde à 5 $ pour les familles des milieux défavorisés identifiés par la carte de la population du MEQ et de compenser la CSDM pour ce manque à gagner», écrit Mme De Courcy, qui constate que les mesures fiscales destinées aux familles à faible revenu «ne suffisent pas à combler [leurs] besoins».

«Nous ferons l'analyse de cette demande et lui répondrons», a simplement affirmé hier l'attachée de presse du ministre de l'Éducation, Caroline Richard. La demande a été reçue au cabinet il y a quelques jours. Simultanément, Mme De Courcy a demandé une rencontre avec le ministre pour exposer la situation particulière de la commission scolaire: «Nous donnerons suite à cette demande d'ici à la fin de septembre», a répliqué Mme Richard.

Interrogée à ce sujet hier, la présidente du MEMO affirme que la décision du gouvernement Charest d'augmenter les tarifs quotidiens ne colle pas à la réalité des familles de la CSDM. «Cette décision est peut-être légitime dans son ensemble mais, pour nous, elle ne l'est pas», a-t-elle expliqué. «On demande au ministre de trouver avec nous une formule compensatoire.»

La solution pourrait résider dans le versement d'un montant -- «on ne sait pas la hauteur» -- à la CSDM. Celle-ci indique que le déficit cumulé que traînent depuis trois ans l'ensemble des services de garde est de deux millions de dollars, notamment en comptes impayés.

«C'est une illustration parfaite de ce qu'on avance», prétend Mme De Courcy. «Les parents ont déjà de la misère avec 5 $ par jour, imaginez à 7 $.»

Ces démarches s'inscrivent dans la démarche de redressement qu'a entreprise la CSDM depuis quelques mois. Après avoir annoncé qu'elle visait l'équilibre budgétaire -- elle traînait un boulet déficitaire de 27 millions --, la CSDM a récemment publié un diagnostic chiffré de sa situation, laissant notamment transparaître l'extrême pauvreté de ses élèves et leurs graves difficultés à réussir à l'école.

La prochaine étape consistera à provoquer un vaste remue-méninges, début novembre, pour pointer les solutions à cette situation navrante. Devant des besoins financiers importants auxquels Québec seul ne saura pas répondre, la présidente de la CSDM n'exclut pas une campagne de financement destinée à la communauté montréalaise dans son ensemble, gens d'affaires compris.

«Nos besoins sont tellement grands qu'on ne peut faire autrement que de se tourner vers le plus grand nombre de partenaires possibles», explique Mme De Courcy. «L'horizon nous dit que manifestement, ce ne sont pas d'uniques subsides gouvernementaux qui nous permettront de pointer des solutions. On peut le déplorer, mais une fois qu'on le déplore, il faut trouver autre chose.»


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