La SGF renoue timidement avec la rentabilité

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Édition du vendredi 03 septembre 2004

Mots clés : sgf

La société d'État dévoile un profit de neuf millions pour le premier semestre

Henri A. Roy est titulaire par intérim de son poste de p.-d.g. de la SGF. Il ne sait pas s'il en conservera la direction encore bien longtemps.

Photo: Jacques Nadeau

La Société générale de financement (SGF) a renoué avec la rentabilité en dévoilant un maigre profit de neuf millions de dollars pour les six premiers mois de 2004. Ce résultat se compare à une perte de 181 millions lors de la même période en 2003.

Ce revirement découle principalement du grand ménage effectué dans le portefeuille de l'institution par son p.-d.g. par intérim, Henri A. Roy, entré en fonction au lendemain de l'élection des libéraux à Québec, au printemps 2003. Au cours des six premiers mois de son mandat, la SGF avait radié des investissements totalisant 97 millions. Seuls cinq millions ont été rayés des livres au premier semestre cette année.

L'amélioration des résultats de plusieurs entreprises en difficulté a aussi donné un coup de pouce à la société d'État. Pour regarnir ses coffres, la SGF a néanmoins vendu pour 40 millions d'actifs parvenus à maturité, dont des actions de Saputo valant 36 millions.

«C'est mission accomplie quant aux objectifs qu'on s'était fixés pour le premier semestre», a déclaré Henri Roy à l'issue d'une conférence de presse à Montréal, hier. «Mais notre objectif à plus long terme, c'est de remettre la rentabilité à un taux de rendement au moins équivalent au coût des fonds, ce qui veut dire environ 5 % [...] d'ici deux à trois ans.» Cela équivaudrait à un profit minimum d'environ 90 millions par semestre, a-t-il précisé.

Depuis le début de l'année, la SGF a investi quelque 115 millions dans des entreprises québécoises. Près de la moitié de cette somme est allée à trois projets de l'industrie pétrochimique dans l'est de Montréal. Il s'agit des usines d'Interquisa, de PTT Poly Canada et de Coastal. La multinationale DSM Biologics, qui est en train de se construire une usine à Montréal a aussi bénéficié des deniers publics au cours du premier semestre.

La SGF s'est donné pour mandat d'investir entre 300 et 400 millions par an dans des projets dits «structurants», principalement en région. D'après M. Roy, priorité est donnée aux entreprises des secteurs agroalimentaires, miniers et forestiers.

Peu d'argent a toutefois été injecté dans ces derniers temps. M. Roy refuse d'y voir une conséquence du régime minceur imposé à la société d'État par le gouvernement du Québec. «Je ne suis pas au courant d'un investissement qu'on aurait dû faire et qu'on n'a pas fait depuis les 15 mois que je suis là [...]. On a fait et on a poursuivis tous les investissements qui avaient un impact économique important et tous ceux qui avaient perspective d'avoir un certain rendement», a-t-il insisté.

Changements

Chargé de redresser la SGF qui a enregistré ces dernières années des pertes catastrophiques, Henri A. Roy est titulaire par intérim de son poste de p.-d.g. Il ne sait pas s'il conservera la direction de la société d'État encore bien longtemps.

Comme d'habitude, il a refusé hier de faire des commentaires sur l'évolution de sa relation avec le gouvernement, se contentant de dire qu'il était intéressé à poursuivre le travail entrepris il y a 15 mois.

En attendant que sa situation soit régularisée, M. Roy planche sur le nouveau plan stratégique de la SGF et entend le présenter à Québec en novembre.

Les commentaires de la vérificatrice générale du Québec, qui a durement critiqué la SGF dans un rapport publié au printemps ont aussi incité la direction à revoir ses politiques de rémunération pour tenir compte de la qualité des placements réalisés par ses cadres et non seulement de leur quantité. Les moyens envisagés n'ont pas été dévoilés.


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