L'Iran insiste sur le caractère défensif de son nouveau missile
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Canberra et Téhéran -- L'Iran, dont les ambitions nucléaires inspirent de la méfiance aux pays occidentaux, a testé un missile balistique pour renforcer sa capacité de défense en réponse à des menaces formulées par Israël, a expliqué hier un haut responsable de la sécurité iranienne.
L'Iran a annoncé mercredi avoir procédé à un essai réussi de la dernière version de son missile balistique à moyenne portée Chahab III, capable selon des experts en matière de défense d'atteindre le territoire israélien ou des bases américaines situées dans le Golfe.
La semaine dernière, le ministre iranien de la Défense, Ali Shamkhani, avait annoncé que son pays s'efforçait d'améliorer la portée et la précision du Chahab III («Météore», en farsi) pour contrer les efforts déployés par l'État hébreu pour renforcer les capacités de ses missiles antimissiles.
L'Iran a en outre repris le mois dernier la production de pièces de centrifugeuses destinées à enrichir de l'uranium, un processus permettant de fabriquer des armes nucléaires. «L'Iran a été menacé par des responsables israéliens. Il est tout à fait naturel que nous nous prémunissions face aux menaces d'un pays étranger», a déclaré Rowhani lors d'une conférence de presse. «Mais l'Iran est totalement opposé aux armes de destruction massive. Les accusations et allégations formulées par certains pays contre la République islamique d'Iran sont toutes dénuées de fondement», a-t-il déclaré à Canberra.
Des médias du Proche-Orient ont laissé entendre qu'Israël pourrait mettre un terme au programme nucléaire de Téhéran en frappant des sites nucléaires en territoire iranien. Des responsables iraniens ont répondu à cela que Téhéran riposterait rapidement, et avec vigueur, à de telles attaques.
Les États-Unis font pression sur le conseil des gouverneurs de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) pour qu'il signale au Conseil de sécurité de l'ONU le manque de transparence de Téhéran en ce qui concerne son programme d'enrichissement de l'uranium. Mais Rowhani a déclaré que l'Iran ne se sentait pas menacé par les États-Unis, qui ont justifié l'invasion de l'Irak, en mars 2003, par la présence supposée dans ce pays d'armes de destruction massive.
Au cours de sa visite, Rowhani a rencontré le premier ministre John Howard, proche allié du président américain George Bush, et son ministre des Affaires étrangères, Alexander Downer, qui a exhorté l'Iran à coopérer avec l'AIEA. «Nous allons poursuivre notre coopération avec l'AIEA», a assuré Rowhani.
À Washington, le département d'État américain a estimé que le programme iranien de missiles présentait une menace pour la région et les intérêts des États-Unis. Fabriqué à partir des plans du missile nord-coréen Nodong I, modifiés grâce à une technologue russe, le Chahab III aurait, croit-on, une portée de 1300 kilomètres, ce qui lui permettrait de frapper n'importe quel point du territoire israélien.

