Leon Golub, 1922-2004 - Un géant de l'art de l'après-guerre s'éteint
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Un des artistes les plus importants de la génération d'après-guerre, Leon Golub, est décédé dimanche à New York au terme d'une longue maladie. Golub, un artiste dont l'engagement social n'a jamais dérougi, avait marqué l'art des 50 dernières années, devenant un des chefs de file d'un retour à une figuration crue, s'évertuant à dénoncer la violence. Il avait été tout particulièrement marqué par les horreurs de la guerre du Vietnam.
Il n'a jamais cédé aux modes qui l'entouraient, tenant la ligne forte d'un parti qui était le sien, celui de la résistance et de la dénonciation.
Au Centre Saydie-Bronfman
Les Montréalais avaient pu se familiariser avec son travail en 1987, lors de l'exposition Stations aux Cent jours d'art contemporain.
Plus récemment, en 2000, son travail avait pu être vu au Centre Saydie-Bronfman dans une exposition au titre des plus révélateurs, While The Crime Is Blazing. Le Musée des beaux-arts de Montréal possède un de ses grands formats.
Depuis les années 40, Golub rapportait sur la toile la brutalité de la condition humaine. Sur d'immenses bâches grattées et meurtries, comme érodées par le temps, il rendait ses sujets avec une force exemplaire.
Il avait épousé Nancy Spero, une autre figure marquante de l'histoire de l'art des dernières décennies. En 1964, ils quittent Paris pour s'installer à New York alors que la guerre du Vietnam est en pleine gestation. À cette époque, le couple rejoint un groupe baptisé Artists and Writers Protest Against the Vietnam War.
Sa carrière a pris son essor dans les années 80, une époque où il a reçu une plus grande attention médiatique et institutionnelle après 19 années de pratique. L'artiste, qui se qualifiait lui-même de fataliste, aura été d'une influence primordiale sur plusieurs artistes plus jeunes.
Âgé de 82 ans, Leon Golub n'avait pas cessé de travailler. Il sera de l'exposition WAR! Protest in America, 1965-2004, qui doit ouvrir au Whitney Museum of American Art, à New York, le 26 août. Il est interviewé dans le documentaire engagé Not In Our Name de Brigitte Cornand, filmé tout juste avant la guerre en Irak. Son travail pourra également être vu dans l'exposition amBUSH à la galerie Van Brunt de New York à partir du 24 août. Sa galerie new-yorkaise, Ronald Feldman, annonce qu'il y aura des obsèques publiques sous peu.
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