100 millions de plus en fonds publics pour Mont-Tremblant Intrawest affirme que l'aide d'Ottawa et de Québec était «indispensable»
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Dès ce matin, les grues et les camions sont au travail pour ouvrir une route d'accès à ce qui deviendra au cours de la prochaine décennie «le plus important projet touristique en Amérique du Nord», lequel une fois complété, en 2014, fera pratiquement le tour du mont Tremblant. Un autre milliard sera investi dans le prolongement du développement déjà terminé, qui a lui-même nécessité près d'un milliard en investissements. Cet immense chantier n'aurait pas lieu sans la participation des gouvernements fédéral et québécois, qui injectent chacun 47,5 millions.
Jean Lapierre, nouveau ministre des Transports, qui était de l'annonce hier, s'est engagé en outre à donner à l'aéroport de La Macaza un statut d'aéroport international avant l'hiver. Il a précisé en conférence de presse qu'il s'agissait de lui faire obtenir toutes les certifications requises, notamment sur le plan de la sécurité, pour permettre aux visiteurs des correspondances plus faciles avec les villes de New York et Toronto.
Au nom du gouvernement québécois, qui avait promis de se montrer extrêmement parcimonieux en matière de subventions aux entreprises, Michel Audet, ministre du Développement économique et régional, a mentionné que l'ancien gouvernement péquiste voulait mettre 90 millions dans le développement Mont-Tremblant, mais il a reconnu qu'Intrawest ne pouvait pas assumer des responsabilités du gouvernement et que la participation financière de Québec devenait donc essentielle au développement des deux autres versants de la montagne. L'aide financière de Québec sera constitué de 10,5 millions puisés dans le budget de la Corporation de financement des infrastructures locales, d'un congé fiscal de 10 ans évalué à 32 millions et d'un apport promotionnel de Tourisme Québec de cinq millions sur 10 ans.
Cet engagement de la part du gouvernement Charest n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd à Québec. Jean-Paul L'Allier, maire de la ville, a rappelé au Devoir des déclarations pas très lointaines du premier ministre Jean Charest qui refusait une participation à un projet de développement au mont Saint-Anne parce qu'il jugeait «le secteur récréotouristique à très haut risque» et en ajoutant: «ce n'est pas le genre d'intervention que devrait faire l'État». M. L'Allier a ajouté ceci: «Je félicite les gens qui ont réussi à faire changer d'idée le gouvernement. Mais maintenant, le gouvernement ne doit pas dire que c'est son seul investissement et que c'est fini».
Les 95 millions que les gouvernements de Québec et d'Ottawa consentent maintenant à Mont-Tremblant serviront essentiellement au développement des réseaux de routes, d'égoûts et d'aqueduc, de trottoirs et de pistes multifonctionnelles. C'est la station Mont-Tremblant qui sera le maître d'oeuvre de l'ensemble de ces travaux. Les infrastructures d'égoûts et d'aqueduc seront ensuite remises par le gouvernement fédéral à la municipalité de Mont-Tremblant. Cette contribution est puisée à même «le Fonds canadien de l'infrastructure stratégique».
Joe Houssian, président du conseil et chef de la direction d'Intrawest, a fait l'annonce de cet énorme projet en compagnie de Michel Aubin, président de Station Mont-Tremblant, et de trois ministres. Après le versant sud, développé entre 1991 et 2004. Intrawest procédera désormais au développement du versant Soleil, qui aura «une personnalité plus corporative». Les travaux qui commencent aujourd'hui s'échelonneront jusqu'en 2009. On y construira un village piétonnier qui regroupera six hôtels, totalisant 1500 unités de condo-hôtels, dont un de 500 chambres et un autre qui sera un spa de luxe de 200 chambres. Il y aura aussi un palais des congrès pouvant accueillir 1100 congressistes. Ce complexe vise à attirer une clientèle d'affaires qui générera des revenus dans les mois les plus creux du printemps et de l'automne.
Ensuite, il y aura le développement du versant Nord qui se fera entre 2007 et 2014. Ce complexe aura une vocation familiale avec des activités de plein air complémentaires et intégrées qui mettront à profit le Parc national du Mont-Tremblant, situé juste à côté. Ce village piétonnier plus rustique comprendra 1000 unités de condo-hôtels et 500 unités résidentielles.
M. Houssian voit dans l'ensemble du projet un bel exemple de participation des secteurs privé et public. Il a expliqué que la participation des gouvernements étaient indispensable parce que le projet est dans une région rurale où il n'y pas d'infrastructures importantes, comme ce serait le cas dans une grande ville. L'entreprise privée y mettra 900 millions. Intrawest y investira pour sa part un montant pouvant varier entre 250 et 350 millions, dépendant des unités et des hôtels qui seront achetés ou pas. Les acquéreurs de condos seront des individus, mais aussi des sociétés corporatives pour des fins d'investissement et de location. Par exemple, la Caisse de dépôt pourrait en être. Intrawest a aussi des partenaires financiers, J.P. Morgan et Manuvie, qui participent au projet.
Les travaux commencent tout de suite, car c'est une course contre l'hiver pour installer les infrastructures avant les grands froids. Puis, tout de suite après, on commencera la construction de la première bâtisse, dont la livraison est prévue pour décembre 2005.
Mais, y aura-t-il des clients pour toutes ces installations? M. Houssian est très confiant. L'industrie touristique mondiale est en plein développement et le Canada est au dixième rang parmi les pays les plus visités. Mont-Tremblant pourra être la plus importante destination récréotouristique dans tout le nord-est du continent. On vise en premier lieu la population de 55 millions d'habitants qui se trouvent dans un rayon de huit heures de route autour de Mont-Tremblant.
Cette année, il y aura 2,3 millions de visiteurs, dont 40 % proviennent du Québec, 25 % du reste du Canada, 25 % des États-Unis et le reste d'un peu partout. Une fois les deux nouvelles phases du projet complétées, il y aura 2,2 millions de visiteurs de plus, dont seulement 20 % proviendront du Québec, 30 % d'ailleurs au Canada, 40 % des États-Unis et 10 % du reste du monde. Les visiteurs hors Québec généreront des revenus de 650 millions Il y aura alors plus de 8000 employés. Pendant la construction, il y aura sur 10 ans environ 17 000 employés. La région de Mont-Tremblant aura des retombées de 140 millions par année et cela pendant de 20 à 40 ans.
En revanche, un projet d'une telle ampleur ne fait pas que des heureux. Il «fait peur» notamment à l'Union québécoise pour la conservation de la nature, parce que, selon elle, il pose problème en périphérie d'un parc important. «L'écosystème peut être bouleversé. Pour nous, il faut protéger adéquatement l'intégrité écologique du parc Mont-Tremblant contre les pressions périphériques», a déclaré Carl Dufour.
Avec la collaboration de Tommy Chouinard
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Scandaleux! - par Claude L'Heureux (claude.lh@sympatico.ca)
Le mercredi 11 août 2004 10:00

