Santé: Martin cherchera à rallier les partis d'opposition

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Alec Castonguay
Édition du mardi 13 juillet 2004

Mots clés : martin

La rentrée parlementaire est repoussée au début d'octobre

Paul Martin ne rencontrera les premiers ministres des provinces pour discuter de la santé qu'à la mi-septembre plutôt qu'en août comme prévu, ce qui repoussera d'autant la rentrée parlementaire à Ottawa, maintenant envisagée au début d'octobre. De plus, Paul Martin cherchera à obtenir l'accord des autres chefs de partis fédéraux sur plusieurs points avant d'aller au rendez-vous sur la santé, question de négocier avec le plus d'appuis possibles, a appris Le Devoir.

«La priorité de tous les partis est la santé et Paul Martin les rencontrera avant le rendez-vous prévu avec les provinces, a déclaré une source près du premier ministre. Il est trop tôt pour parler d'aspects spécifiques qui seront discutés. Évidemment, tous les chefs ne pourront pas s'entendre sur le top 10 [des aspects à négocier], mais si on est capable de s'entendre avec les autres partis sur 5 ou 6 points, ce sera assez. Le premier ministre veut aller là avec tous les renseignements en main pour être efficace dans ses négociations avec les provinces.»

Cette source a confirmé au Devoir que cette rencontre avec les provinces sur la santé n'aura lieu qu'à la mi-septembre, soit probablement du 13 au 15 septembre prochain.

Le sommet pourrait même dépasser ces trois jours, puisqu'en campagne électorale Paul Martin a promis de négocier aussi longtemps qu'une entente de fond n'aura pas été trouvée. Le premier ministre, qui veut entre autres s'attaquer aux listes d'attente et aux soins à domicile, a fait de sa promesse d'investir neuf milliards de dollars en cinq ans dans la santé la pièce centrale de sa campagne électorale.

Dans un contexte de gouvernement minoritaire, moins stable, le premier ministre ne peut se permettre un échec cuisant à la table de négociation avec les provinces. Il a donc besoin de temps pour préparer sa proposition, ce qui force une date si éloignée. Il devra notamment rallier le Bloc québécois et les conservateurs, inflexibles sur le respect des compétences provinciales dans le domaine de la santé. Or, certains objectifs des libéraux, dévoilés dans la dernière campagne électorale, ont reçu un accueil plutôt froid des provinces, surtout au Québec, qui accusent le gouvernement fédéral de vouloir de nouveau empiéter dans leurs champs de compétence.

Malgré ce report, le Bloc, le NPD et le Parti conservateur pourraient quand même devoir prendre leur mal en patience avant de rencontrer Paul Martin pour fixer leurs priorités, même sur la santé. Aucune date n'est encore à l'ordre du jour et le rendez-vous des chefs de parti avec le premier ministre pourrait attendre jusqu'à la fin août ou même au début septembre, soit quelques jours à peine avant le sommet avec les provinces.

La rentrée parlementaire retardée

Même si le bureau du premier ministre n'a encore fait aucune annonce officielle, il est maintenant acquis que la rentrée parlementaire prévue le 21 septembre sera elle aussi retardée. L'équipe du premier ministre a maintenant l'oeil sur le début du mois d'octobre. «C'est tout à fait probable et on s'en va vers ça, a soutenu une source bien informée au bureau du premier ministre. La rencontre sur la santé avec les provinces est une bonne raison [à ce délai], mais il y a aussi toutes les négociations et les préparations qu'impose un gouvernement minoritaire.»

S'il est «encore trop tôt pour parler de date», selon cette source, le National Post avance quant à lui le lundi 4 octobre comme retour probable de l'activité à la Chambre des communes. À cette occasion, la gouverneure générale Adrienne Clarkson serait appelée à prononcer le discours du trône, huit mois après le précédent.

Jack Layton désapprouve

Repousser au début octobre la remise en service des députés ne fait pas du tout l'affaire du chef du NPD, Jack Layton. «C'est trop tard comme date, on ne peut pas attendre 100 jours après l'élection d'un gouvernement minoritaire pour voter la confiance de la chambre, a-t-il dit au Devoir. Il faut rapidement un discours du trône pour savoir où le gouvernement s'en va et se prononcer sur ses orientations. On a du travail à faire et on ne veut pas jouer aux devinettes!»

Jack Layton cite en exemple le bouclier antimissiles qui doit entrer en activité aux États-Unis le 30 septembre prochain [voir autre texte en page 3]. Le Canada doit décider s'il y participera dans les semaines à venir. «La Chambre doit pouvoir se prononcer là-dessus», a-t-il dit.

L'attaché de presse du chef conservateur Stephen Harper, Dimitri Soudas, estime qu'il est «difficile de commenter sans l'annonce officielle du premier ministre».

Mais le PC «espère recommencer dans un délai raisonnable, soit vers la fin du mois de septembre», et «qu'il y ait plus de projets de lois au menu que dans les six derniers mois, car il ne s'est pas passé grand-chose avec Paul Martin», a affirmé Dimitri Soudas.


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