Les entreprises reprennent confiance

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François Desjardins
Édition du mardi 13 juillet 2004

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Elles ne ressentent pas pour autant le besoin d'accélérer l'embauche de personnel

L'économie mondiale est bel et bien en selle, se rendent compte les entreprises canadiennes, dont les perspectives d'avenir semblent un peu plus optimistes qu'au printemps, a indiqué hier un sondage effectué par la Banque du Canada.

Toutefois, bien que les entreprises du pays démontrent une amélioration marquée de leurs intentions en matière d'investissement en machines et en matériels, elles ne ressentent pas pour autant le besoin d'accélérer l'embauche de personnel, ajoute le sondage que la banque centrale canadienne publie tous les trois mois.

L'institution fédérale responsable de la politique monétaire -- et donc des outils capables de stimuler ou refroidir les investissements -- a tâté le pouls de 103 entreprises choisies, dit-elle, selon la composition du produit intérieur brut canadien. L'échantillon est «limité», dit la Banque du Canada, qui suggère donc d'interpréter les résultats avec «prudence».

Ils valent tout de même le coup d'oeil. On y découvre notamment que quelque 41 % des entreprises estiment qu'elles augmenteront leurs dépenses d'investissement en machines et matériels au cours des 12 prochains mois. Il y a trois mois, c'était l'avis de seulement 33 % d'entre elles.

«Ce changement semble découler d'une réduction de l'incertitude face à l'évolution de la conjoncture, d'une embellie des perspectives de vente, d'une hausse des profits ainsi que d'un redressement des bilans. De plus, certaines entreprises fonctionnent près des limites de leur capacité de production», a dit la Banque du Canada dans son rapport.

L'emploi plutôt stable

Or les intentions d'embauche ne suivent pas toujours cette tendance relevée, car environ 47 % des entreprises croient que leur niveau d'emploi sera «plus élevé» au cours des 12 prochains mois, comparativement à 45 % lors du dernier sondage publié ce printemps.

En fait, bon nombre d'entreprises se disent victimes d'une pénurie de main-d'oeuvre, notamment dans les services et la construction, où les mises en chantier continuent d'afficher un rythme effréné à la grandeur du pays. Quelque 37 % des entreprises sondées affirment souffrir d'une pénurie de main-d'oeuvre limitant leur capacité à répondre à la demande, comparativement à 35 % ce printemps.

Pour ajouter au casse-tête, un plus grand nombre d'entre elles estimeraient donc avoir «quelques difficultés» à répondre à une hausse inattendue de la demande. C'était le cas de 27 % au printemps, ce qui grimpe maintenant à 38 %. Les entreprises roulent à plein régime à peu près partout au pays, notamment dans le secteur de la construction.

Au chapitre des ventes, 46 % d'entre elles prévoient une amélioration dans la prochaine année, soit un pourcentage stable depuis la dernière enquête. «Tablant sur des perspectives de croissance favorables au Canada et à l'étranger, les entreprises sont généralement optimistes», a dit la Banque du Canada. «Selon elles, la vitalité de la demande devrait largement compenser les effets négatifs de l'appréciation du dollar canadien», a-t-elle ajouté.

En effet, une hausse du dollar face à la devise américaine rend la vie drôlement plus difficile aux entreprises exportatrices, qui peinent à écouler leurs stocks à l'étranger lorsqu'elles doivent les vendre à prix plus élevé.

Si l'on considère que 85 % des biens exportés sont destinés aux États-Unis, on peut comprendre que certaines d'entre elles se rongeaient les ongles en 2003, lorsque le dollar canadien a bondi de plus de 20 % par rapport à la devise américaine.

Création d'emplois

Si la banque centrale sert un avertissement sur l'échantillon limité du sondage, il reste que l'exercice est intéressant en cela qu'il donne un aperçu des intentions du secteur privé, lequel n'a contribué qu'avec des miettes à la création d'emplois depuis le début de l'année.

Statistique Canada a en effet rapporté la semaine dernière que, si le nombre d'employés du secteur privé a peu changé depuis le début de 2004, le secteur public a progressé de 2,4 % et que même le nombre des travailleurs autonomes s'est accru de 1,2 %.

Par rapport au dernier sondage, les entreprises s'attendent également à ce que le prix des intrants (c'est-à-dire tout élément qui entre dans la production d'un bien) augmente plus rapidement au cours des 12 prochains mois, mais que le prix des extrants demeure stable par rapport à la dernière année.

Cela s'explique, dit la banque, par les hausses récentes des cours de l'énergie, de l'acier, du bois d'oeuvre et des autres produits de base. «De plus, les entreprises sondées semblent plus incertaines que d'habitude au sujet de l'évolution future des prix des produits de base.»

L'inflation

En bout de ligne, les entreprises s'inquiètent un peu plus de l'inflation pour les deux prochaines années, une bonne proportion d'entre elles ayant relevé leurs prévisions de façon notable.

Quelque 55 % des entreprises prévoient ainsi un taux compris entre 2 % et 3 %, alors que 17 % le voient à plus de 3 %. Il y a trois mois, ces deux pourcentages s'élevaient à 47 % et 5 %.

La banque centrale conclut que la majorité des entreprises prévoient que l'inflation se situera dans une fourchette de 1 % à 3 %, c'est-à-dire celle que préconise la banque depuis des années.


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