Agression antisémite dans le métro de Paris - Les autorités cherchent les témoins

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AFP
Édition du mardi 13 juillet 2004

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Paris -- Trois jours après le fait, l'agression à caractère antisémite dont dit avoir été victime une jeune mère de famille dans le RER parisien restait hier sans témoin. Du premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a invoqué le «courage citoyen», à Nicole Guedj, les pouvoirs publics ont renouvelé hier les appels lancés aux passagers qui auraient pu assister à la scène sans intervenir pour protéger la jeune femme et son enfant.

Pour l'heure, les autorités ne disposent que des affirmations de la victime, reçue dans la matinée par la secrétaire d'État aux Droits des victimes, Nicole Guedj. D'après elle, la jeune femme, âgée de 23 ans, aurait «beaucoup de mal» à identifier ses agresseurs, qui lui auraient maintenu la tête contre la poitrine pour qu'elle ne puisse les reconnaître par la suite.

Anonymat préservé

La priorité est donc à la recherche des témoins, auxquels la secrétaire d'État a précisé que leur anonymat, comme celui de la victime, qui dit craindre pour sa sécurité car ses six agresseurs disposent de son nom et de sa carte bancaire, serait préservé.

Mme Guedj a sous-entendu que les témoins ne devraient pas craindre de subir des poursuites pour non-assistance à personne en danger. «Il me semble difficile maintenant de venir poursuivre des gens qui étaient eux-mêmes en danger pour ne pas avoir réagi», a déclaré la secrétaire d'État à la presse. «Il faut concevoir qu'ils se trouvaient en danger eux-mêmes et qu'ils se seraient d'autant plus exposés s'ils avaient réagi. Nous comprenons tout ça.»

Selon la victime, qui s'est entretenue pendant un peu plus d'une heure avec Nicole Guedj au secrétariat d'État, place Vendôme, il «y aurait eu une vingtaine de personnes capables de voir la scène et notamment un jeune homme qui se trouvait assis à proximité». «Le geste qu'il n'a pas pu faire vendredi, il faut qu'il le fasse aujourd'hui», a souhaité Nicole Guedj.

Reste que la jeune femme aurait été «particulièrement choquée» de «ne pas pouvoir défendre son bébé», une petite fille de 13 mois qui a reçu un choc à la tête en tombant de sa poussette, et «de voir que personne dans cette rame de RER n'a tenté de défendre cet enfant alors qu'elle l'a demandé», selon la secrétaire d'État.

Seul un couple, d'après la victime, est descendu avec elle après l'agression et a attendu l'arrivée de son conjoint en tentant de la réconforter. Ce couple n'avait pu encore être entendu par les enquêteurs.

Pas de déménagement

La jeune femme devait rencontrer des médecins aujourd'hui et a déjà eu un contact avec un psychologue. Les autorités lui ont proposé un déménagement, qu'elle a refusé dans l'immédiat, a précisé Mme Guedj.

Des patrouilles des services de police avaient lieu sur la ligne D du RER, où l'agression serait survenue vendredi vers 9h30 dans une rame qui circulait entre Louvres (Val-d'Oise) et Paris.

Mais l'examen des enregistrements des caméras de surveillance en gare Sarcelles, où seraient descendus les agresseurs, selon la victime, n'avait rien donné de positif, selon des sources policières.

Se montrant prudents, les enquêteurs cherchaient toujours le couple qui serait descendu avec la victime et qui habiterait Louvres, ainsi que le jeune homme qu'elle a mentionné. Mais, compte tenu du peu de détails fournis par la jeune femme, qui avait déjà déposé une demi-douzaine de plaintes auparavant, les enquêteurs ont dû mal à «corroborer la matérialité des faits».


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