Le sida est une menace pour le développement

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AFP
Édition du lundi 12 juillet 2004

Mots clés : sida

Bangkok -- Quarante-huit millions d'actifs pourraient être décédés des suites du sida d'ici 2010, et 74 millions d'ici 2015, infligeant un coup sévère aux économies nationales, a indiqué hier l'Organisation internationale du travail (OIT).

Le sida «n'est pas seulement une crise humaine, mais également une menace pour le développement durable, mondial et social», a averti le directeur général de l'OIT Juan Somavia, cité dans une analyse publiée lors de la 15e Conférence internationale sur le sida, qui s'est ouverte à Bangkok hier.

«La perte de vies et les effets diminuants de la maladie provoqueront non seulement une réduction de la capacité à assurer la production et l'emploi, à réduire la pauvreté et à promouvoir le développement, mais représenteront de plus un fardeau qui devra être porté par toutes les sociétés, les riches comme les pauvres», peut-on lire dans l'analyse, qui couvre 50 pays.

Quarante d'entre eux ont eu une prévalence (nombre de cas rapportés à la population) supérieure à 2 % en 2001. Celle-ci se situait entre 1,5 % et 2 % pour cinq autres pays, et les cinq derniers abritaient un million, voire plus, de personnes contaminées.

Trente-cinq pays appartenaient à l'Afrique subsaharienne, huit à l'Amérique latine et les Caraïbes, cinq à l'Asie, et deux étaient des pays développés.

À ce jour, quelque 36,5 millions de personnes en âge de travailler (entre 15 et 49 ans) ont le virus du sida, selon le document. D'ici 2005, 28 millions d'actifs auront été tués par la pandémie et deux millions de personnes seront incapables de travailler, contre un demi-million en 1995.

D'ici 2010, le bilan des morts pourrait atteindre 48 millions, et 74 millions en 2015 si les efforts en vue d'accélérer la diffusion des antirétroviraux échouaient. Quatre millions d'actifs pourraient de plus être déclarés invalides.

La pandémie accentuerait alors la pression sur les actifs encore valides, particulièrement en Afrique, qui abrite les deux tiers des personnes atteintes du sida dans le monde, suivie de l'Asie, qui pourrait bientôt rejoindre le continent noir.

Près de cinq millions de personnes en âge de travailler sont actuellement atteintes du sida en Asie, selon l'OIT, qui cite particulièrement le Cambodge, la Chine, l'Inde, la Birmanie et la Thaïlande.

D'ici 2010, en l'absence d'un accès accru aux traitements médicaux, près de dix millions d'actifs seront morts des suites du sida en Asie depuis 1981, année de l'apparition de l'épidémie.

Ce total atteindra 18 millions d'ici 2015, selon l'Organisation.

La pandémie, en «réduisant le stock de talent et d'expérience de la population active», est une «menace directe» au but fixé lors du Sommet du millénaire de l'ONU en 2000, soit de réduire de moitié la pauvreté et la faim d'ici 2015, selon Franklyn Lisk, directeur des programmes liés au sida à l'OIT.

L'impact du sida sur les économies est déjà visible, souligne l'Organisation.

La pandémie a ainsi amputé de 0,2 point la croissance annuelle du produit intérieur brut dans les pays les plus touchés entre 1992 et 2002, soit une perte de 25 milliards de dollars par an.


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