Irak - Une salve de roquettes touche des hôtels de Bagdad

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP
Édition du samedi 03 et du dimanche 04 juillet 2004

Mots clés : roquettes

Trois otages ont été libérés; deux Marines ont perdu la vie

Cet autobus piégé a explosé hier matin à Bagdad.

Photo: Agence Reuters

Bagdad -- Une salve de roquettes a été lancée hier contre des hôtels de Bagdad et un parti sunnite, faisant cinq blessés irakiens au lendemain de la première comparution devant un juge de l'ex-dictateur Saddam Hussein, dont le sort divise les Irakiens.

Trois otages, deux Turcs et un Pakistanais, ont été libérés hier tandis que deux Marines sont morts dans la province occidentale d'al-Anbar, foyer de rébellion sunnite. L'un a été tué en service et l'autre a succombé à des blessures reçues la veille. Ces morts portent à 636 le nombre de GI's tués au combat depuis l'invasion de l'Irak, en mars 2003.

Des centaines de partisans du président déchu ont manifesté hier dans le calme à Samarra, au nord de Bagdad, en dénonçant sa mise en accusation. À Amman, le collectif de défense de Saddam Hussein a qualifié de «farce» sa comparution et contesté la légitimité des autorités judiciaires irakiennes. Hier, lors des prières dans des mosquées de la capitale irakienne, des religieux chiites ont en revanche demandé l'exécution rapide de Saddam Hussein, trouvant superflu qu'il soit jugé.

Les avocats jordaniens Ziad Khassawneh et Mohammad al-Rachdane ont exprimé leur frustration à la vue de l'ancien président irakien comparaissant devant un tribunal irakien «illégal», soulignant qu'il s'agissait d'«une farce et d'une comédie».

À Bagdad, de nombreuses explosions ont retenti. Plusieurs roquettes ont visé deux hôtels de la capitale irakienne, dont l'un est habité par des journalistes et hommes d'affaires étrangers, faisant cinq blessés, tous des Irakiens, selon l'armée américaine. Par ailleurs, le siège principal du Parti islamique irakien à Bagdad a aussi été touché par une roquette dans ce qui pourrait être une tentative d'assassinat du ministre de l'Industrie, Hajem al-Hassani.

«J'étais probablement la cible mais j'ai quitté les lieux dix minutes avant le tir», a déclaré à l'AFP M. Hassani, membre du parti, ajoutant que l'endroit était désert avant son arrivée sur les lieux.

Un groupe irakien inconnu jusque-là, les «Brigades de Kerbala» (ville chiite située à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad), a revendiqué ces attaques, a rapporté la télévision satellitaire qatariote al-Jazira, qui a affirmé avoir reçu un communiqué et une cassette vidéo de ce groupe.

La Force multinationale en Irak a affirmé hier que les analyses avaient déterminé que la dizaine de missiles découverts par le renseignement militaire polonais ne contenaient ni gaz moutarde ni gaz sarin. Cette annonce survenait après la déclaration jeudi soir par le ministre polonais de la Défense, Jerzy Szmajdzinski, que le renseignement militaire polonais en Irak avait découvert «plus de dix» missiles équipés d'ogives à gaz de combat.

L'Irak a répété son refus d'accueillir sur son sol des troupes de pays voisins, comme la Jordanie, à la suite des propos du roi Abdallah II sur la disponibilité du royaume hachémite à envoyer des soldats. «De façon générale, nous avons des réserves sur toutes troupes venant de pays voisins», a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Hamid al-Bayati, à l'AFP.

Saddam Hussein, dont les premières images depuis sa capture en décembre dernier ont été reprises en boucle sur toutes les télévisions du monde, est retourné en prison à l'issue de la première procédure de sa comparution judiciaire.

La nouvelle commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Louise Arbour (Canada), a appelé la communauté internationale à la vigilance à l'égard du procès de Saddam Hussein. «Il est important d'avoir une procédure crédible et équitable», a-t-elle déclaré. L'ex-président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani a demandé que le procès de Saddam Hussein soit totalement public et dénoncé le fait que la guerre Iran-Irak ne figure pas parmi les chefs d'accusation.

Par ailleurs, le chef d'état-major interarmées américain, le général Richard Myers, a annoncé qu'un contingent de 145 000 militaires américains devrait rester en Irak au moins cinq ans encore.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com