Crise du logement - Le FRAPRU craint la «banalisation»

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Édition du samedi 03 et du dimanche 04 juillet 2004

Mots clés : frapru

Le FRAPRU craint une «banalisation» de la crise du logement en entendant plusieurs voix s'élever pour dire que cette crise se résorbe.

Le porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain, François Saillant, estime que «la crise demeure extrêmement sévère même si elle défraie moins les manchettes».

Il relève notamment le problème de fond qui persiste: l'écart entre l'offre et la demande pour certains types de logements, autrement dit le manque de logements vraiment abordables pour les locataires à faible revenu et les familles avec deux enfants et plus. «On est en train de passer d'une pénurie de logements à une pénurie de logements abordables», a résumé l'autre porte-parole du FRAPRU, Lucie Poirier.

Bien qu'il y ait eu construction de logements et de condominiums ces dernières années, ceux-ci ne correspondent pas nécessairement aux revenus des locataires dans le besoin, ont fait valoir M. Saillant et Mme Poirier.

Crainte

Lors d'une conférence de presse hier, M. Saillant a dit craindre que les 1200 suppléments au loyer d'urgence prévus par le gouvernement pour l'année 2004-05, comparativement aux 1500 de l'an dernier, ne soient pas en nombre suffisant.

Selon lui, si on se fie à ce qui s'est passé l'année dernière, des centaines de ménages risquent de s'ajouter après le 1er juillet car tous les baux n'arrivent pas à échéance à cette date.

Le FRAPRU demande donc au gouvernement Charest de prendre dès maintenant l'engagement de verser davantage de suppléments au loyer si nécessaire.

Jusqu'ici, selon le FRAPRU, 846 ménages ont été déclarés admissibles au supplément au loyer d'urgence, dont 575 à Montréal.

Or, à l'été 2003, 783 ménages s'étaient ajoutés entre le 1er juillet et la fin d'août. C'est ce qui lui fait croire que les 1200 suppléments prévus ne seront pas suffisants.

M. Saillant estime qu'à long terme, le supplément au loyer d'urgence ne peut représenter une solution. Il doit y avoir davantage de logements accessibles aux démunis.

Il milite donc pour que davantage de logements sociaux -- habitations à loyer modique, coopératives d'habitation et logements gérés par des organismes sans but lucratif -- soient construits.

Rencontre

Le FRAPRU doit justement rencontrer lundi le ministre responsable de l'habitation, Jean-Marc Fournier, pour discuter du règlement sur la fixation des loyers.

Au bureau du ministre Fournier, on laisse entendre que beaucoup de ménages qui avaient bénéficié du supplément au loyer l'an passé avaient reçu leur aide financière après la période de renouvellement des baux et s'étaient donc retrouvés parmi les chercheurs de logement. Cette année, ces gens auraient été avisés plus tôt du renouvellement de leur aide financière et pourraient donc ne pas faire partie des chercheurs de logements.


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