Athènes 2004 - Au secours des athlètes canadiens

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Robert Dutrisac
Édition du mardi 15 juin 2004

Mots clés :

Le ministre Fournier réclame l'aide de son homologue fédérale pour convaincre le COC de réviser ses critères de sélection

Le tout nouveau stade olympique d'Athènes. Combien d'athlètes canadiens pourront s'y produire?

Photo: Agence Reuters

Québec -- Le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, presse la ministre du Patrimoine, Hélène Chalifour Scherrer, de sortir de sa léthargie et d'intercéder auprès du Comité olympique canadien (COC) pour permettre à davantage d'athlètes québécois et canadiens de participer aux Jeux olympiques d'Athènes.

Dans une lettre qu'il a envoyée à la ministre fédérale la semaine dernière, M. Fournier lui rappelle que «notre responsabilité à l'égard de ce dossier est collective et urgente», en lui demandant son appui pour les démarches qu'il a entreprises auprès du COC. «Cet appui pourrait prendre la forme d'une intervention directe et publique auprès du COC», écrit le ministre. Le temps presse, puisque la sélection olympique des athlètes canadiens se termine le 16 juillet.

Pour choisir les athlètes qui se rendront aux Olympiques, le COC applique des critères plus sévères que les standards internationaux. Résultat: 13 athlètes, dont huit Québécois, sont exclus des Jeux par le COC. Moins bien classés à l'échelle international, des athlètes d'autres pays prendront leur place.

Le 2 juin dernier, M. Fournier avait réuni, à Montréal, le milieu du sport amateur pour influer sur le COC. Quelques jours plus tôt à Québec, les ministres du Sport provinciaux et fédéral avaient demandé au COC, qui a la main haute sur la sélection des athlètes canadiens aux Jeux olympiques, d'assouplir ses règles.

De son côté, Hélène Chalifour Scherrer s'en lave les mains. Son directeur des communications, Marc Roy, a révélé que la ministre avait délégué toutes ses responsabilités à l'endroit de Sport Canada, une direction générale de Patrimoine Canada, au ministre d'État au Sport amateur, Stan Keyes. «La lettre de M. Fournier sera transmise à M. Keyes», a indiqué M. Roy.

Pourtant, quand il est question d'annoncer l'octroi d'une subvention au sport amateur, Mme Scherrer ne donne pas sa place. Le 14 mai dernier, la ministre était fière d'annoncer en conférence de presse à Québec une subvention de 20 millions au «système sportif canadien» pendant que son collègue Stan Keyes faisait de même à Toronto. En janvier, Mme Scherrer avait pris position dans le cas de l'athlète Karine Sergerie, la vice-championne du monde de taekwondo exclue des Jeux. La ministre avait affirmé à Radio-Canada que l'athlète avait été traitée équitablement par sa fédération et qu'elle ne voyait pas la nécessité d'intervenir.

À Patrimoine Canada, on indique que le ministère n'intervient pas dans la sélection des athlètes. «On ne s'ingère pas dans les organismes», a dit la porte-parole Anne-Sophie Lawless.


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