Les défenseurs de la Trois-Pistoles réfutent le référendum

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Louis-Gilles Francoeur
Édition du mardi 15 juin 2004

Mots clés : minicentrale

Les défenseurs de la rivière Trois-Pistoles et de sa chute n'acceptent pas le résultat du référendum de la fin de semaine et entendent poursuivre la bataille par tous les moyens, jugeant légitime d'attaquer ce scrutin qu'ils qualifient «d'antidémocratique».

Le controversé projet de minicentrale privée l'a emporté dimanche par 59 % des voix exprimées. La participation au référendum a atteint 36 %. La MRC des Basques ainsi que la société Gestion Conseil SCP de Sherbrooke proposent de relancer le projet dont ils ont obtenu les plans et devis, le financement et le contrat avec Hydro-Québec pour 1 $ de l'ancien promoteur, Grade Trois-Pistoles. Cette société avait accepté de mettre fin à son projet dans une entente confidentielle avec Québec en échange de 3,3 millions. Les anciens actionnaires, prévoit cette entente divulguée la semaine dernière par Le Devoir, ne pourront racheter les forces hydrauliques du lieu que s'ils remboursent à Québec les deux millions versés en dédommagement pour les profits anticipés. Mais la MRC et son partenaire affirment qu'ils loueront plutôt les forces hydrauliques en échange de simples royautés, comme si Québec avait décidé d'oublier les clauses de remboursement des fonds publics déjà versés.

Alors que le préfet de la MRC des Basques, André Leblond, se déclarait en fin de semaine à la fois satisfait des résultats mais inquiet pour la suite des choses, les événements d'hier semblaient lui donner raison.

Scrutin pipé

Pour les Amis de la rivière Trois-Pistoles et pour la Fondation Rivières, ce scrutin était «pipé d'avance» car il était organisé par le promoteur lui-même, soit la MRC.

«On va poursuivre notre travail pour sauver la rivière», déclarait au Devoir Marcel Desjardins, porte-parole des Amis de la Trois-Pistoles.

«Nous ne sommes pas vraiment déçus, ajoute-t-il, car, sans moyens véritables, nous avons obtenu l'appui de 40 % de la population. [...] Nous n'avons même pas pu répondre aux tracts qui parlaient de créer 50 emplois-année, ce que bien des gens ont interprété non pas comme des emplois temporaires mais des emplois permanents. La réalité, c'est qu'il n'y aura qu'un seul emploi permanent.»

Du côté de la Fondation Rivières, Alain Saladzius indiquait que le projet avait été présenté à la population sur des bases précaires. «Personne, dit-il, n'a vu le budget de ce projet, n'a vu le contrat avec Hydro-Québec, le budget de la campagne référendaire du promoteur qui était en conflit d'intérêt parce qu'il en était l'organisateur. Les promoteurs disent s'attendre à un profit de 7 %. Mais on ne sait pas si c'est un profit garanti sur 25 ans ou sujet aux variations des taux d'intérêt dans quelques années. On ne connaît pas les protections contre l'inflation. En fait, le référendum n'a pas de légitimité car le promoteur public a demandé un chèque en blanc en donnant constamment l'impression d'avoir un projet précis. Québec va devoir regarder de près ces référendums bidon avant que cela ne devienne une pratique dans le dossier des petites centrales. Si c'est la façon dont le gouvernement veut procéder, il va devoir baliser cet exercice pour y assurer une équité véritable et respectueuse du droit à l'information du public.»

La Fondation Rivières, mise sur pied notamment par l'acteur Roy Dupuis, entend, précise Alain Saladzius, «examiner tous les recours, politiques et juridiques, à notre disposition, et offrir aux citoyens de l'endroit les moyens de poursuivre la bataille s'ils le veulent».


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