John Turner: Martin a une grosse pente à remonter

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PC
Édition du lundi 14 juin 2004

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Ottawa -- Selon l'ancien premier ministre libéral John Turner, le chef libéral Paul Martin doit remonter une pente difficile: l'électorat se demande si le glas a sonné pour les libéraux.

Invité hier à l'émission Question Period au réseau anglais CTV, John Turner a affirmé que le scandale des commandites expliquait en partie les ennuis de Paul Martin. Participant aussi à cette émission, l'ancien premier ministre conservateur de l'Ontario, Bill Davis, a quant à lui soutenu que les conservateurs devraient se réjouir des résultats de leur chef Stephen Harper.

M. Turner a profité de la tribune pour décocher quelques flèches à son ancien adversaire, Jean Chrétien. «Les récriminations se sont accumulées, et il [M. Martin] a hérité d'un fardeau plutôt lourd. Le gouvernement Chrétien est à l'origine du scandale.»

M. Martin a eu beaucoup de mal à dissiper la colère des citoyens, a ajouté M. Turner. «Les gens jugent le gouvernement libéral et se demandent si le temps est venu de changer.»

Néanmoins, le chef du PLC peut encore renverser la vapeur s'il se débrouille bien au cours des débats télévisés de cette semaine.

«Personnellement, je crois que Paul Martin est de loin le meilleur candidat. Il a été un grand ministre des Finances, ses réalisations sont impressionnantes et il comprend les enjeux.»

M. Turner n'a pas manqué de comparer la situation de M. Martin à sa propre malchance en 1984, après sa nomination à la tête du PLC. Sa campagne avait été entachée par une controverse qu'il avait imputée à son prédécesseur, Pierre Trudeau. Il avait alors prétendu qu'il n'avait pas eu le choix d'entériner des nominations partisanes favorisant des fidèles du régime Trudeau. Le chef conservateur Brian Mulroney l'avait rudement mis à mal sur cette question, mais M. Turner a assuré hier que ce revirement n'avait pas été déterminant.

Par ailleurs, l'ancien premier ministre ontarien Bill Davis a dit que les conservateurs peuvent se réjouir de la bonne tenue de leur formation et de leur chef dans les sondages.


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