Une bactérie a fait au moins 36 morts dans les hôpitaux montréalais
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La publication d'un article dans la revue Canadian Medical Association a forcé les autorités du Centre universitaire de santé McGill à reconnaître hier la mort de 36 personnes décédées au cours de la dernière année d'une infection bactérienne nommée «clostridium difficile» dans un ou l'autre des cinq établissements hospitaliers de ce réseau.
Selon les informations fournies par le Dr Françoise Chagnon, directrice des services professionnels au Centre universitaire de santé McGill, il y a toujours 17 patients hospitalisés qui ont cette infection, 780 l'ont eue au cours des 12 derniers mois et 36 décès directement attribuables à cette bactérie sont survenus durant la même période.
Ces données ont été rendues publiques après la publication d'un article signé par cinq médecins qui se demandaient pour quelles raisons il n'était pas publiquement question de l'infection bactérienne clostridium difficile qui sévissait dans les hôpitaux montréalais et de Calgary alors qu'elle faisait davantage de victimes que le SRAS, qui a fait coulé beaucoup d'encre.
«La comparaison avec le SRAS est à l'égard de l'attention donnée par la communauté médicale et scientifique. Dans le cas du SRAS, on a vu une réaction rapide d'experts, partout dans le monde, qui ont identifié rapidement le virus», a expliqué pour sa part Mme Chagnon, qui estime que les médecins à l'origine de l'article disposaient des informations suffisantes pour faire ce qu'ils ont fait.
Cette dernière a tenu à signaler que la contagiosité de cette bactérie n'est aucunement équivalente à celle du SRAS, qui était contagieuse par voies respiratoires. La bactérie clostridium difficile se propage par des gens qui ont la diarrhée et qui ne se lavent pas les mains.
Le Dr Chagnon est convaincu qu'il n'y a pas que les établissements de McGill qui sont touchés.
«Tous les hôpitaux ont eu, à un moment donné, des éclosions de cette infection et ont, en quelques semaines ou quelques mois, été capables de les restreindre, de les contrôler, mais elles reviennent périodiquement», a-t-elle signalé.
Dans les pires cas, la bactérie détruit la muqueuse intestinale et force une intervention chirurgicale pour enlever une partie de l'intestin.
Le Dr Chagnon note que la maladie a gagné en gravité. «C'est plus grave qu'avant parce qu'il semble que c'est une maladie qui est un peu plus réfractaire, plus sévère cliniquement, plus difficile à guérir et d'une durée plus longue», a-t-elle dit.
«Les années précédentes, on n'avait pas autant de mortalités», a avancé Mme Chagnon.
Il s'agit d'une forme de colite virulente qui est connue depuis de 20 à 25 ans.

