Éducation et sensibilisation - Delirium environnemental à l'UQAM

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Pierre Vallée
Édition du samedi 29 et du dimanche 30 mai 2004

Mots clés : uqam

« Rien en environnement n'est ni complètement blanc ni complètement noir »

Depuis octobre 2002, tant les auditeurs de la radio communautaire CIBL que ceux de CHOQ FM, la radio universitaire de l'UQAM, peuvent syntoniser chaque semaine Delirium environnemental, une émission entièrement consacrée à l'information et à la sensibilisation dans le domaine de l'environnement. L'émission rejoint aussi ses amateurs par l'entremise d'un site Internet.

Le succès de Delirium environnemental est tel -- les nombreuses visites sur le site Internet en témoignent -- que ce projet se voit accorder le Phénix de la catégorie «L'éducation et la sensibilisation en tant que média, municipalité ou institution ayant conçu ou développé un outil de communication sur la protection de l'environnement».

L'émission de radio hebdomadaire de deux heures est divisée en deux parties.

Dans la première heure, on s'attarde à l'actualité environnementale tandis que la deuxième heure sert à recevoir des penseurs et des intervenants du milieu de l'environnement tels Hubert Reeves ou Steven Guilbeault de Greenpeace. Même les politiciens responsables de l'environnement ont profité de cette tribune.

Le projet est l'initiative d'une bande d'étudiants à la maîtrise en sciences de l'environnement de l'UQAM. Les membres de l'équipe étaient Patrick Bonin, Sophie-Anne Legendre, Nicolas Mainville, Nicolas Milot, Étienne Côté-Paluck et Ugo Lachapelle.

La raison d'être de Delirium

«Au départ, explique Patrick Bonin, tout ça a commencé par le constat que l'information en environnement ne nous apparaissait pas adéquate. D'abord, elle était -- et est encore -- éparpillée dans plusieurs émissions scientifiques ou agricoles ou même d'information. Ensuite le traitement est vieux jeu, un peu trop sarrau et lunettes à notre goût, et l'on ne s'y retrouvait pas. On a donc cherché à élaborer une image et un traitement conçus pour rejoindre les 35 ans et moins.»

Le choix d'une émission de radio s'impose d'emblée. «Nous voulions créer une tribune et une plateforme où l'on pourrait traiter de toutes les questions environnementales tout en rejoignant le grand public, explique Sophie-Anne Legendre, animatrice de l'émission. La radio, tout en étant accessible, répondait à ces besoins.»

Selon Patrick Bonin, Delirium environnemental a aussi permis de traiter de dossiers environnementaux qui autrement n'auraient peut-être pas été mis de l'avant. Cela a aussi permis, selon Sophie-Anne Legendre, de procéder à une analyse critique de certains problèmes environnementaux et de les remettre dans un contexte global. «L'information en environnement est souvent dramatique et il est important d'en connaître tous les enjeux.»

Tout en demeurant critique, l'équipe ne s'est pas donné une politique éditoriale contraignante. «Nous nous permettions toutefois d'émettre nos opinions», précise-t-elle. Cette position s'explique, selon Patrick Bonin, parce que «rien en environnement n'est ni complètement blanc ni complètement noir».

Un autre atout de cette équipe est le fait qu'elle est composée de jeunes universitaires qui ont des expertises diverses selon leurs formations individuelles. «La force de Delirium, c'est d'abord son équipe, avance Sophie-Anne Legendre. Nos diverses formations ont permis d'apporter de nouveaux éclairages aux questions qu'on abordait dans l'émission.»

L'apport des universitaires

Selon Patrick Bonin, il est important que les universitaires s'impliquent dans des projets semblables à Delirium environnemental. «L'université doit être au service de la communauté. C'est notre devoir de quitter cette tour d'ivoire et de sortir sur la place publique.»

Cela est encore plus important dans le domaine de l'environnement, soutient Sophie-Anne Legendre: «La communication est importante parce que les dossiers environnementaux sont complexes. Il faut savoir vulgariser afin d'aider les citoyens à mieux comprendre.»

Patrick Bonin poursuit dans le même sens: «Dans nos cours universitaires, on est noyé de toutes sortes d'informations pertinentes sur l'environnement. Comment la population en général, qui ignore ce que l'on apprend, peut-elle faire des choix éclairés dans la vie de tous les jours?»

Delirium environnemental est une tentative de solution apportée à cette situation. Pour le moment, les membres de l'équipe ne savent pas encore s'ils reprendront le collier à l'automne. «La réaction du public nous encourage à continuer, explique Sophie-Anne Legendre, mais nous avons aussi des études à compléter.»

Qu'il soit de la partie ou non en septembre, Patrick Bonin croit que le concept de Delirium environnemental a fait ses preuves et est là pour rester: «Au fond, il faudrait même faire évoluer le concept, peut-être même vers de nouveaux diffuseurs.»

Qu'importe leur présence ou non dans l'équipe à l'automne, Sophie-Anne Legendre et Patrick Bonin ont tous deux eu la piqûre des communications. «Je m'intéresse en particulier à la manière dont on transforme l'information en environnement en action concrète», précise Patrick Bonin. Sans doute, dans un avenir rapproché, aura-t-on l'occasion de les entendre à nouveau causer d'environnement sur les ondes.


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