Al-Qaïda s'est refait
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Le rapport de l'Institut international d'études stratégiques de Londres (IISS) est formel: le réseau terroriste al-Qaïda a profité de la guerre en Irak pour mieux reconstituer ses forces. Selon l'inventaire chiffré de l'IISS, la nébuleuse dirigée par Oussama ben Laden comprend 18 000 militants répartis dans une soixantaine de pays. En clair, la taille d'al-Qaïda est loin d'avoir été réduite à une peau de chagrin, comme l'ont prétendu à plus d'une reprise certains dirigeants américains.
Avant toute chose, il faut évidemment rappeler qu'aux lendemains des attentats du 11 septembre 2001, la volonté d'anéantir al-Qaïda était largement partagée par l'ensemble de la communauté internationale. À preuve, la coalition échafaudée pour anéantir le régime des talibans en Afghanistan est arrivée à ses fins sans que celle-ci se fissure. Mais voilà, dans la foulée du débat sur l'Irak à l'ONU, la cohésion jusqu'alors observée a éclaté en morceaux.
Résultat net de cette implosion: la lutte contre le terrorisme a perdu en force. Tellement que ce n'est qu'après les attentats de mars dernier à Madrid que ceux qu'on regroupe désormais sous le vocable de vieille Europe et ceux de la nouvelle Europe ont accordé leurs violons afin de combattre le terrorisme avec plus d'allant qu'auparavant. D'après l'IISS, al-Qaïda aurait profité des dissensions entre Européens d'une part et entre États-Unis et certains pays européens d'autre part pour mieux implanter des cellules en sol européen.
Ces cellules, selon l'hypothèse formulée par l'IISS, travailleraient actuellement à la préparation d'attentats en Grande-Bretagne et en Grèce. Pour les Jeux olympiques d'Athènes, l'IISS évoque de «graves inquiétudes». Ensuite? «Logiquement, al-Qaïda devrait frapper le Royaume-Uni.» Après avoir commis des attentats contre les membres mous, si on peut dire, de la coalition, Ben Laden et consorts viseraient maintenant l'un des piliers de la guerre en Irak.
Signe tangible du regain d'activité de la nébuleuse terroriste, le ministère américain de la Justice et la direction du FBI ont indiqué que les mouvements observés ici et là permettent d'avancer que les prochains mois seront critiques. Selon les informations fournies, les conventions des partis démocrate et républicain ainsi que la tenue de l'élection présidentielle en novembre prochain pourraient être visées.
Les dangers auxquels le monde fait face aujourd'hui permettent de rappeler combien le général Brent Scowcroft avait vu juste lorsque, dans une tribune publiée dans le Washington Post, cet ex-conseiller de la sécurité nationale de Bush père avait prévenu qu'une guerre en Irak altérerait durablement la guerre au terrorisme.
Vos réactions
Réagir au terrorisme... - par Olivier Legros (olivierlegros26@hotmail.com)
Le jeudi 27 mai 2004 09:00
Réflexion - par MarKo Hubert (hubertmarko@sympatico.ca)
Le jeudi 27 mai 2004 09:00

