Air Canada obtient un nouveau délai

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Gérard Bérubé
Édition du samedi 22 et du dimanche 23 mai 2004

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Le transporteur a jusqu'au 30 septembre pour présenter un plan de restructuration crédible

Photo: Agence Reuters

Avec, en main, des ententes portant sur les deux derniers grands enjeux, Air Canada a obtenu hier un nouveau délai de la Cour supérieure de l'Ontario. Entreprenant ce qu'il espère être le dernier droit de sa restructuration, le transporteur a désormais jusqu'au 30 septembre pour rattacher les dernières ficelles devant lui permettre de mettre en branle son plan d'affaires qui doit être présenté aux créanciers.

En réaction l'action d'Air Canada, dont la valeur ne devrait pourtant être que symbolique, a été la plus activement négociée hier sur le parquet de Toronto, pour terminer la séance à 1,37 $, en hausse de 30 ¢ ou de 28 %. Dans son communiqué, Air Canada a rappellé que «ses actionnaires ne toucheront qu'une contrepartie minime, si tant est qu'il y en ait une, en echange de leurs actions au sortir de la protection de la LACC. Leur participation devrait valoir à terme moins de 0,01 % du capital social de la nouvelle société qui en émergera.»

Donnant suite à une recommandation en ce sens du contrôleur Ernst & Young, le juge James Farley, de la Cour supérieure, a accordé hier à Air Canada une extension de la protection des tribunaux jusqu'au 30 septembre. Le transporteur dominant au pays entre donc dans le dernier droit de sa restructuration, amorcée le 1er avril 2003 sous l'égide de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), la plus grande partie du chemin étant déjà parcourue. Souhaitons que les déchirements sur les grands aspects de ce processus soient derrière nous, a en substance déclaré le juge ontarien.

Après d'intenses négociations, Air Canada venait de réunir les compressions de 200 millions qui manquaient aux réductions convoitées de 1,1 milliard des coûts de main-d'oeuvre. Ces concessions, combinées à l'aval gouvernemental reçu hier en ce qui a trait aux modalités de recapitalisation des régimes de retraite, ont été présentées comme les pièces maîtresses d'une nouvelle structure de financement impliquant la Deutsche Bank et GE Capital (GECAS).

En ce qui a trait aux étapes restantes d'ici le redéploiement d'Air Canada hors LACC, le contrôleur Ernst & Young rappelle cette recherche d'un partenaire acceptant de contribuer à la recapitalisation du transporteur dans un rôle minoritaire, l'injection requise ayant été estimée à 250 millions. Autrement, il parle davantage de peaufinement des démarches déjà entreprises.

Dans son 26e rapport, daté du 20 mai dernier, la firme d'experts-conseils énumère une liste d'éléments à réunir. Reste donc à la Deutsche Bank de confirmer le respect des conditions inhérentes à son engagement financier de 850 millions. Suit la signature d'une entente définitive sur les modalités de financement de 1,5 milliard $US de GECAS associé à la sortie d'Air Canada de la LACC et à l'ajout d'avions régionaux à la flotte. Le processus de renégociation des baux sur les appareils reste également à compléter, avec des dossiers en suspens n'impliquant désormais plus que trois appareils sur les 319 aéronefs qui composaient la flotte d'Air Canada (et de sa filiale régionale Jazz) au 11 avril dernier.

La liste des choses à faire comprend, enfin, le déclenchement du processus devant mener à la sélection des membres du conseil d'administration d'un Air Canada restructuré, l'établissement de la liste des réclamations reconnues préalablement à l'assemblée des créanciers, dont l'approbation est attendue pour la mi-août, et l'élaboration finale du plan de restructuration et de la circulaire d'information devant être remis aux parties impliquées.

D'ici là, Air Canada disposerait des liquidités nécessaires à la poursuite d'une exploitation normale. Son encaisse, qui se chiffrait à 920 millions au 14 mai dernier, devrait osciller autour de 580 millions le 1er octobre prochain sans les apports prévus liés au refinancement.

Quant aux nouveaux engagements encourus depuis son recours à la protection des tribunaux, le 1er avril 2003, ils sont estimés à 1,37 milliard en date du 31 mars dernier. Ces nouvelles obligations excédaient alors les liquidités d'au moins 500 millions. Dans le cas de cette insuffisance, il faut tenir compte du fait que les liquidités renfermaient une somme de 550 millions liée à des réservations perçues d'avance.


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