Une candidature auprès de l'International Design Alliance - Montréal, capitale du design mondial ?
Mots clés : design
Montréal est encore en lice pour accueillir le «secrétariat international du design», un nom tellement rébarbatif que la nouvelle semblera anodine au profane. À tort, car derrière ce patronyme se cache une institution dont le prestige rejaillirait sur l'ensemble de la ville, selon ses promoteurs.
Ces géantes du stylisme ont annoncé en novembre dernier la création d'une ultime association dont elles seront les uniques membres: l'IDA (International Design Alliance). C'est donc pour cette «super association en formation» que le futur «secrétariat international du design» va être créé, dans une ville qui reste encore à déterminer. La gagnante deviendra du coup la «capitale internationale» de cette discipline en vogue. Or, sur les 33 villes en compétition depuis novembre dernier, seules six métropoles restent en course: Bruxelles, Copenhague, Turin, Hong-Kong, Nagoya et Montréal.
Des atouts
«Si nous sommes dans ces six-là, c'est bien que nous avons des atouts!», dit Marc G. Fortier, le président de Montréal International, l'organisme privé chargé de la promotion de la métropole dans ce dossier et qui, d'une manière plus large, a pour rôle de drainer des investissements étrangers sur le territoire de la cité. Selon M. Fortier, la ville s'affirme de plus en plus comme un centre important de création en Amérique du Nord. Elle est d'ailleurs la seule représentante du continent encore en lice. «Ce sont des éléments intangibles, mais Montréal est cosmopolite, ouverte aux diversités culturelles. Ce brassage identitaire est bénéfique aux milieux créatifs», dit-il.
Surtout, depuis 1986 et la publication du rapport Picard qui identifiait le design comme l'un des sept pôles de développement économique de Montréal, l'accent a été mis sur cet axe de croissance. Un «institut du design» a été créé en 1993 pour assurer sa promotion, l'école de design de l'Université du Québec à Montréal bénéficie d'une véritable reconnaissance internationale, un poste de commissaire au design a été créé à la Ville de Montréal, etc. Et des événements de plus en plus nombreux ont été développés autour de cette activité: le Mois du design, le Salon international du design d'intérieur de Montréal (qui se tiendra à la Place Bonaventure les 28 et 29 mai prochain) ou encore le concours Commerce Design, qui récompense les commerçants montréalais ayant fait appel aux services de professionnels québécois en design d'intérieur ou en architecture pour aménager leur établissement.
Un secteur stratégique
Montréal est aussi la seule métropole d'Amérique du Nord à compter dans ses rangs un designer industriel pour étudier les projets en voie de réalisation et émettre des recommandations. «L'arrivée de ce secrétariat consoliderait encore notre position dans ce secteur stratégique de compétitivité économique», affirme Alain Dufour, directeur de projet responsable de ce dossier à Montréal International. Sa structure en soi sera négligeable d'un point de vue logistique -- peut-être une dizaine d'emplois -- mais l'effet d'entraînement sera conséquent. Le potentiel du secteur du design serait enfin reconnu, «aux côtés des secteurs aéronautique, pharmaceutique ou de la communication», dit Alain Dufour. Convaincue de cette possibilité, Montréal International a mis sur point un comité de soutien. Il est présidé par le maire Gérald Tremblay, mais des représentants des gouvernements provincial et fédéral y participent, ainsi que certains acteurs du milieu du design.
La victoire est cependant loin d'être acquise et la présentation du projet montréalais aura lieu le
4 août prochain à Essen en Allemagne. Mais dans le milieu des «créatifs», on énumère déjà les bénéfices que l'installation de cette association apporterait: «Cela fait dix ans que je me suis donné pour objectif d'attirer le regard sur Montréal comme ville de design», dit Eleni Stavridou, la directrice de l'Institut de design Montréal. Pour elle, il s'agirait d'un événement très symbolique: «Cela donnerait le juste pas du côté international et rassurerait les institutions publiques qui misent sur ce secteur depuis une dizaine d'années», dit-elle.
Même son de cloche à l'école de design de l'UQAM: «À plusieurs égards, c'est important pour l'implantation du milieu montréalais. Cela aurait aussi un rôle éducatif vis-à-vis du public. Le renforcement à l'international est toujours une bonne chose», affirme pour sa part son directeur, Börkur Bergmann. Il s'agirait en somme d'une victoire de prestige. Car sa présence aurait «un effet d'entraînement» d'un point de vue artistique, selon la commissaire au design de la Ville de Montréal, Marie-Josée Lacroix. «Il s'agit d'associations qui bénéficient de réseaux internationaux incroyables», dit-elle.
En s'implantant chez nous, le futur secrétariat nous apporterait sans doute une notoriété appréciable, les organisations dont il dépend étant les principales organisatrices de congrès, de colloques et d'expositions de ce secteur. Or, si les retombées économiques potentielles affolent les investisseurs, les «créatifs» seraient les premiers à bénéficier de ces «réseaux». «Nos architectes, nos designers industriels, multimédias, etc., se distinguent déjà sur la scène internationale, dit Marie-Josée Lacroix. Nos milieux créatifs bénéficient bien d'une reconnaissance naissante, mais cela leur donnerait encore un bon coup de pouce.»
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