Le sol québécois sous influence glaciaire

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Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du jeudi 20 mai 2004

Mots clés :

Entièrement recouvert de glace il y a 18 000 ans, le territoire sur lequel se sont installés les Canadiens et leurs voisins américains du centre et de l'Est subit encore les soubresauts de la fonte de cette vaste étendue, a expliqué hier une équipe de géologues, à l'occasion de la rencontre printanière de l'American Geophysical Meeting, qui se tient jusqu'à demain à Montréal.

Grâce à un système de repérage par satellite (GPS), ceux-ci ont en effet pu observer que le territoire nord-américain est encore loin d'être statique en raison de la remontée qu'a connue le niveau du sol sous l'effet de la fonte des glaces. Conduite par Giovanni Sella, du département des sciences géologiques de la Northwestern University, l'étude américano-canadienne répertorie ainsi un patchwork étonnant de près de 200 sites qui démontrent la validité de cette théorie.

Le GPS est un outil puissant capable de détecter des mouvements infimes allant jusqu'à un millimètre par année. L'équipe de la Northwestern University a ainsi relevé que des sites situés dans la région de la baie d'Hudson s'élèvent chaque année de près de dix millimètres, un mouvement très rapide selon les normes géologiques, autrement plus conservatrices. Plus on descend vers le sud, moins ce mouvement est grand. À la hauteur des Grands Lacs, il s'inverse alors que la terre s'enfonce d'un millimètre par année.

Tremblements de terre

Selon les chercheurs, ces infimes mouvements pourraient être à l'origine des mystérieux tremblements de terre qui secouent à l'occasion le centre du continent nord-américain, y compris la vallée du Saint-Laurent, le nord de la Nouvelle-Angleterre et, peut-être, le centre des États-Unis et la côte atlantique, dont Terre-Neuve. L'idée n'est pas neuve, mais les données concernant ces mouvements manquaient pour y donner suite.

L'initiative devrait également permettre d'en savoir plus sur les propriétés de la structure interne de la Terre. En effet, les résultats initiaux obtenus par GPS laissent supposer que le manteau inférieur n'est probablement pas plus solide que ne l'est le manteau supérieur, ce qui contredit la plupart des théories émises jusqu'ici.

Outre la Northwestern University, l'équipe derrière cette découverte compte des chercheurs issus de l'University of Miami, de la Louisiana State University, de la Commission géologique du Canada et de la Division des levées géodésiques.


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