La carotte et le bâton pour contrer la prostitution de rue

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Clairandrée Cauchy
Édition du jeudi 20 mai 2004

Mots clés : prostitution

Montréal se dote d'un plan d'action de trois ans

La Ville de Montréal maniera à la fois la carotte et le bâton pour réduire le phénomène de la prostitution de rue à Montréal.

L'Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal (l'ancienne Régie régionale), la Ville et le Service de police (SPVM) ont décidé d'unir leurs forces en déposant hier un premier plan d'action commun de trois ans sur la prostitution de rue.

«En avril et mai, c'est le temps où les fleurs sortent. Les gens dans cette profession apparaissent sur la rue. On leur dira que s'ils veulent faire ce métier, ils doivent aller ailleurs. Pour ceux qui ont besoin d'aide, on fera tout ce qu'on peut, avec nos ressources limitées, pour les aider», a fait valoir le responsable de la sécurité publique à la Ville de Montréal, Peter Yeomans. Pas question, donc, de renouer avec l'idée d'une forme de secteur chaud, de red light, où la prostitution serait tolérée, un projet que l'administration précédente avait dû abandonner devant la levée de boucliers des citoyens du Centre-Sud.

«Nous essayons de passer par la voie de la guérison», a précisé M. Yeomans. Avec la collaboration de l'agence de santé, on veut notamment dépêcher des intervenants sociaux auprès des prostitués en crise avant que ces derniers ne fasse l'objet d'une arrestation. Un projet-pilote en ce sens a permis d'aider 28 prostitués l'an dernier. On travaillera aussi à prévenir la prostitution par de la sensibilisation auprès des jeunes et des prostitués. Le plan d'action s'appuie sur des ressources existantes dans les différentes organisations; aucune somme supplémentaire n'y est prévue.

La Ville ne renonce pas à mettre en application des mesures de répression pour renforcer le sentiment de sécurité des citoyens. «Il y a une grande mobilisation des citoyens qui veulent recouvrer leurs quartiers», a fait observer Jean-Guy Gagnon, du Service de police de la Ville de Montréal. Il a précisé que le nombre d'arrestations a augmenté depuis deux ans. En 2003, le SPVM a procédé à 600 arrestations de prostitués et 176 arrestations de clients alors qu'on estime à 500 le nombre de personnes qui vendent leur corps dans les rues de Montréal.

Une mascarade

«Ç'a l'air d'une grande mascarade. Il n'y a rien de neuf là-dedans», a dénoncé la directrice du groupe de prostitués Stella, Claire Thiboutot. Les organismes communautaires se sont d'ailleurs retirés du comité consultatif de la Ville sur le sujet en mars dernier, jugeant qu'on misait trop sur la répression. Derrière cela, il y a carrément «un plan de nettoyage», estime Mme Thiboutot. «Plus il y a de répression, plus on a de misère à rejoindre le monde. Les gens n'ont plus accès à la porte d'entrée des services», a-t-elle fait valoir.

L'Association des citoyens du Faubourg, un quartier hautement affecté par la prostitution, a applaudi au plan d'action présenté hier. «Nous souhaitons que la Ville se donne vraiment les moyens pour la mise en place des mesures énoncées», pouvait-on lire dans un communiqué émis hier. Le comité de citoyens souhaite notamment que l'on cesse «de stigmatiser les quartiers les plus pauvres en y concentrant les services et en y tolérant des activités illégales telle la sollicitation sur rue et la vente de stupéfiants».


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com