Médicament contre la maladie d'Alzheimer - Neurochem commencera ses derniers essais sur Alzhemed
Mots clés : alzheimer, neurochem
Un potentiel économique dans les milliards
Neurochem prévoit commencer le mois prochain en Amérique du Nord les essais cliniques de phase III (finaux) pour Alzhemed, son médicament contre la maladie d'Alzheimer.Le Dr Bellini a décrit le médicament -- un des trois principaux produits développés par Neurochem -- comme un produit à grand potentiel qui pourrait permettre à la compagnie et ses actionnaires de réaliser d'importants profits. «Son potentiel se situe dans les milliards de dollars», a affirmé M. Bellini au cours de l'assemblée. Il a toutefois ajouté que les derniers essais cliniques, en Amérique du Nord et en Europe, vont coûter 30 millions $US. La compagnie devra donc aller chercher davantage de financement sur les marchés, a-t-il précisé. «Pour réussir à mettre un composé en marché, il faudra beaucoup d'argent.»
Répéter le succès de BioChem
Le Dr Bellini et les autres investisseurs espèrent que Neurochem, qui n'a pas encore généré ni revenus, ni profits, pourra rééditer le succès d'un médicament contre le sida que BioChem Pharma -- une ancienne compagnie de Francesco Bellini -- a mis en marché avant la cession de l'entreprise en 2001.
Le Dr Bellini a affirmé qu'à l'heure actuelle, il n'existe pas de médicament pour traiter la cause sous-jacente de la maladie d'Alzheimer, qui affecte plus de 4,5 millions de personnes aux États-Unis -- un chiffre qui devrait tripler avec le vieillissement de la population.
Pour mener à bien ses essais, Neurochem dit avoir conclu avec succès la production de plus de quatre millions de comprimés d'Alzhemed. Par ailleurs, plus de 70 sites -- où le médicament sera administré -- ont été identifiés en Amérique du Nord, dont 19 au Canada. Le recrutement des patients devrait commencer en juin et durer environ six mois. Si les essais cliniques s'avéraient positifs, Neurochem prévoit que son médicament perce le marché à la fin de 2007 ou au début de 2008. Neurochem négocie actuellement avec des partenaires potentiels pour la commercialisation éventuelle d'Alzhemed, mais M. Bellini a indiqué qu'il ne vendra pas la plupart des droits sur le médicament comme il l'a fait précédemment avec son médicament pour le traitement du sida -- le 3TC.
Prudence de mise
David Dean, un analyste chez Sprott Securities à Toronto, est d'avis que la prudence est de mise. En admettant que son opinion n'est pas partagée, M. Dean soutient que le titre -- bien portant -- de Neurochem est l'investissement «le plus risqué» du secteur des biotechnologies au Canada. La valeur de l'action de la compagnie a plus que triplé depuis son entrée en Bourse en juin 2000.
M. Dean se montre sceptique par rapport à ce qui est dit d'Alzhemed. Selon lui, il pourrait être prématuré de procéder maintenant aux coûteux essais finaux. Si les essais de phase III fonctionnent, dit-il, «il y aura beaucoup de chance, parce que je ne crois pas qu'ils aient l'information nécessaire pour optimiser le cadre des essais».
«Il y a encore une tonne de travail à faire. J'espère que ça va fonctionner parce que le monde a besoin de quelque chose [contre la maladie d'Alzheimer] mais, selon moi, avec la valeur actuelle du titre de la compagnie, on a probablement le titre biotech le plus risqué au Canada.»
Le Dr Bellini a aussi dit hier que Neurochem s'attend à recevoir d'ici la fin de 2005 une approbation réglementaire pour un autre de ses produits phares, le Fibrillex, destiné au traitement de l'amylose amyloïde A, une conséquence des maladies inflammatoires ou infectieuses chroniques -- comme l'arthrite rhumatoïde. Le médicament -- le produit candidat de recherche le plus avancé de Neurochem -- devrait commencer à générer des revenus peu après. Son potentiel dans les pays industrialisés se situe entre 500 millions et un milliard $US, selon le Dr Bellini.
À la Bourse de Toronto, hier, le titre de Neurochem a perdu 1,60 $ pour clôturer à 30,65 $.

