L'essence à 99,9 ¢ le litre - L'Irak, les taux américains et le pétrole font plonger les Bourses

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AFP , PC
Édition du mardi 18 mai 2004

Mots clés : bourse

Les Bourses mondiales ont dégringolé hier, sous le double effet de l'assassinat du chef de l'exécutif irakien et de la conviction qu'une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait intervenir dès juin sur fond de prix élevés du pétrole. L'impact sur le prix à la pompe a été immédiat, avec une autre hausse des prix de l'essence touchant de plein fouet les Montréalais.

Quelques stations-service de la métropole affichaient hier après-midi des prix à la pompe frisant le seuil psychologique du dollar, à 99,9 ¢ le litre. Dans son bulletin hebdomadaire mis à jour hier matin, la Régie de l'énergie établit le prix moyen de l'essence à Montréal à 92,8 ¢, soit une hausse de 5,4 ¢ par rapport au prix de la semaine dernière.

Assassinat

Hier, l'impact est venu de l'assassinat du chef de l'exécutif irakien, Ezzedine Salim, qui a également fait plonger les marchés boursiers dans le monde, a commenté Larry Wachtel, principal stratège boursier de Wachovia Securities. «Ajoutez à cela les prix records du pétrole [...], la crainte continue d'un relèvement des taux d'intérêt, et une Bourse déjà plombée plonge encore plus.»

Le président en exercice du Conseil de gouvernement provisoire irakien, Abdel Zahra Osmane Mohammad, dit Ezzedine Salim, a été tué hier matin à Bagdad dans un attentat suicide à la voiture piégée, dans lequel au moins sept autres personnes ont trouvé la mort.

Sur la place américaine, l'indice Dow Jones a reculé de 1,1 % à 9906,91 points, un plus bas depuis le 5 décembre dernier, tandis que l'indice composé de la Bourse électronique Nasdaq a clôturé à son plus bas depuis la fin octobre, à 1876,64 points (-1,5 %). À Toronto, l'indice composé S&P/TSX a abandonné 64,58 points, ou 0,8 %, à 8123,50.

Certains analystes, à l'instar de Todd Leone, directeur du courtage chez SG Cowen, se montrent optimistes sur la capacité de résistance de la Bourse américaine. «La Bourse tient bon et a regagné une partie du terrain perdu ce matin [hier]», note-t-il. S'il reconnaît que le président américain George W. Bush «se trouve confronté à une situation de crise», il juge que la coalition menée par les Américains «va trouver quelqu'un d'autre pour prendre la tête du gouvernement irakien».

En Europe, l'indice CAC 40 a clôturé en baisse de 1,4 % à 3553,02 points à Paris. À Londres, le Footsie a perdu 0,9 % à 4403 points. Et à Francfort, le DAX a reculé de 1,3 % à 3754,37 points. Par ailleurs, Amsterdam a perdu 1,3 % à la clôture, Milan 1,2 % et Zurich 1,4 %.

Plus tôt, les Bourses asiatiques avaient déjà ouvert en baisse en raison de «l'inquiétude que suscite la hausse probable des taux d'intérêt américains», a commenté Kenichi Hirano, analyste chez Tachibana Securities à Tokyo, où l'indice Nikkei s'est inscrit en recul de 3,2 % à 10 505,05 points.

Les statistiques de l'inflation américaine, publiées vendredi, avaient achevé de convaincre les investisseurs que la Fed agirait dès juin, et relèverait son taux directeur, actuellement de 1 %, niveau historiquement bas. «Les deux éléments qui mettent vraiment les gens mal à l'aise, c'est le prix du pétrole d'une part et les signes que l'inflation croît peut-être plus vite que nous l'anticipions», a indiqué Nigel Cobby, directeur à Londres du département actions européennes de JP Morgan.

Le marché new-yorkais du pétrole a clôturé sur un nouveau record à 41,55 $US hier, après une hausse de 17 ¢ par rapport à la clôture record de vendredi pour l'échéance rapprochée de juin. À Londres, le baril de Brent pour livraison en juillet, nouvelle référence, a progressé de 5 ¢ à 37,91 $US.


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