Entre 1966 et 2002 - Les revenus de travail des immigrants ont dégringolé
Mots clés : travail
Les immigrants fraîchement débarqués au Canada doivent se contenter de revenus de travail nettement inférieurs à ceux récoltés par leurs prédécesseurs. À leur première année sur le marché du travail, les immigrants arrivés à la fin des années 1990 gagnaient en moyenne 24 % de moins que ceux arrivés au début des années 1960, avec une scolarité et une expérience équivalente.
Dans le cas des immigrants originaires de l'Europe de l'Est, de l'Afrique et de l'Asie, l'expérience accumulée à l'étranger n'a carrément plus d'incidence sur les revenus d'emploi. En comparaison, un Canadien d'origine voit son revenu s'accroître de 3,5 % pour chaque année d'expérience.
«Le faible rendement de l'expérience étrangère explique environ le tiers de la différence de revenu», affirme l'économiste Abdurrahman Aydemir, auteur de l'étude Explication de la détérioration des gains au niveau d'entrée des cohortes d'immigrants au Canada: 1966-2000.
La reconnaissance de l'éducation ne semble cependant pas en cause: «La valeur attribuée à l'expérience étrangère a décliné considérablement, mais nous n'avons pas observé de changements quant à la valeur attribuée à la formation suivie à l'étranger. Par exemple, un Chinois diplômé obtenait des revenus de 37 % supérieurs à un Chinois sans diplôme en 1960, on observe le même écart maintenant», constate M. Aydemir. Certes le diplôme chinois n'est pas aussi rentable que le diplôme canadien, mais rien n'indique que ce soit un phénomène nouveau.
Nouveau visage de l'immigration
Le nouveau visage de l'immigration explique un autre tiers de l'écart de revenus entre les immigrants d'hier et ceux d'aujourd'hui. Dans les années 1960, 70 % des immigrants provenaient de pays dits traditionnels, soit de l'Europe de l'Ouest et de l'Amérique du Nord, alors que maintenant la proportion s'est inversée: 70 % arrivent de pays «non traditionnels» situés en Asie, en Afrique et en Europe de l'Est. Or, même scolarisés et expérimentés, les immigrants issus de ces pays ont généralement des revenus moins élevés.
«Ils ont toujours eu des revenus moins importants que ceux issus de pays traditionnels, mais ils sont maintenant beaucoup plus nombreux», résume M. Aydemir. Le chercheur observe également une augmentation du nombre de nouveaux arrivants qui n'ont pas le français ou l'anglais comme langue maternelle, ce qui complique leur intégration au marché du travail.
Finalement, une part de la chute des revenus des immigrants, entre 1960 et 1990 pourrait aussi être attribuable à la situation économique générale. En effet, les jeunes Canadiens entrés sur le marché du travail dans les années 1990 gagnaient eux-mêmes moins que les générations précédentes au début de leur carrière.
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