Santé: Le côlon de Pat Burns

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Carole Vallières
Édition du samedi 15 et du dimanche 16 mai 2004

Mots clés : cancer

Cette semaine, on pense que plus de 350 Canadiens auront appris qu'ils sont atteints d'un cancer colorectal. 150 personnes en seront mortes, ce qui donne 8300 décès annuels. À titre de comparaison, 57 000 Américains meurent du cancer du côlon chaque année et, globalement, le cancer colorectal est la deuxième cause de décès par cancer, juste après le cancer du poumon (ça vaut pour les États-Unis aussi bien que pour ici). Ça remet la prostate en perspective, non? (Attention: je n'ai pas dit que le cancer du côlon est la deuxième cause de décès en général. Les maladies cardiovasculaires sont le tueur no 1, ne l'oublions pas.)

Ça, c'est la mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c'est le fait que Pat Burns ait fait publiquement savoir qu'il est atteint de ce type de cancer: les médecins espèrent que ça en incitera d'autres à penser au dépistage. En effet, on dit que les gens meurent parce qu'ils sont mal à l'aise devant l'examen, voire gênés d'en parler. Mourir de gêne, c'est un peu fort, s'était dit l'animatrice du Today Show, Katie Couric; elle avait alors montré sa propre côlonoscopie à la télé en 2000. Elle avait perdu son mari après qu'il eut été diagnostiqué de ce cancer. Un chirurgien américain a déjà déclaré que, prise à ses débuts, cette maladie est guérissable dans 95 à 100 % des cas. Quand on attend que les symptômes nous fassent courir chez le doc, les chances de survie sont pas mal moins grandes...

Tiens, ça me rappelle que mon grand-père paternel est mort du cancer du côlon, et je me souviens d'une atmosphère de secret et de réprobation. J'étais petite, et je ne pense pas qu'à l'époque, on entendait ce discours selon lequel toutes les parties du corps sont belles et doivent être aimées pour ce qu'elles sont -- ce genre d'idée, voyez... J'ai vu l'intérieur d'un côlon en tournant un reportage, c'est vrai que c'était beau, tout en teintes de rose... On m'a dit que c'est comme ça de la bouche au rectum, quand c'est en santé et... vide.

Pat Burns (l'entraîneur des Devils du New Jersey, pour ceux qui, comme moi, ne sont pas des mordus) a annoncé à la fin d'avril qu'il avait le cancer du côlon. Il a maintenant dans le corps trois de ses cinq semaines de traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Il sera en convalescence pendant un mois puis, vers la mi-juillet, se retrouvera sous le couteau d'un chirurgien qui ira constater l'étendue des dégâts. Comme un malheur ne vient jamais seul, pendant que Pat Burns se faisait chimio- et radiotraiter pour son cancer, son épouse a été opérée d'urgence pour un fibrome à l'utérus. Elle va bien, merci; elle est chez elle et récupère.

Comment je sais ça? Il y a un site Internet, en anglais, qui permet à des malades de donner de leurs nouvelles à tous ceux que ça intéresse. Pat Burns étant une célébrité, il donne de ses nouvelles à qui veut bien en prendre. Il a reçu les encouragements d'un tas de collègues de son monde du hockey et il raconte que même le premier ministre Jean Charest lui a téléphoné. Le ton de ses petites lettres est positif, celui d'un gagnant; il voit d'ailleurs ce cancer du côlon comme une bataille dont il sortira victorieux. Il ne dit que du bien des médecins, de l'hôpital, de son traitement. Positif, je vous dis.

Son médecin lui parlera-t-il de son régime alimentaire? Le cancer du côlon, c'est documenté, est souvent le résultat d'une diète faible en fibres mais forte en gras, ces mauvais gras trans ou saturés. On a aussi montré le lien entre le cancer du côlon et la viande rouge cuite. Avec des années de ce régime de fritures et de viandes, sans ajouts notables de légumes et de fruits, vous avez à la clé tellement de problèmes de santé qu'on se demande comment expliquer qu'il y ait encore des gens qui mangent de la viande chaque jour alors que même notre conservateur Guide canadien des aliments parle de trois fois par semaine.

On a beau se dire que les habitudes ont la vie dure, la maladie nous mène la vie dure, et c'est dommage d'attendre qu'elle s'amène pour commencer à penser à changer... Sans demander à Pat Burns de devenir végétarien -- un végétarien à l'aréna! --, son médecin lui conseillera-t-il d'éliminer de sa diète les pesticides et autres poisons (manger bio est une nécessité quand on doit se refaire une santé, il me semble que ça tombe sous le sens), de boire plus d'eau, d'éliminer le sucre, le fast food, la viande rouge... et d'augmenter à chaque repas la quantité de légumes, de fruits et de grains complets? Un entraîneur de hockey grano, ça aurait de l'impact, ça, monsieur!

Son médecin lui conseillera-t-il de voir un acupuncteur, de se faire masser, bref, de prendre soin des inconforts et des douleurs liés au traitement? Lui, Pat, parlera-t-il de ses nausées ou de ses incursions «alternatives» à sa nouvelle équipe, celle qui le soigne? Trop souvent, il y a des cachotteries; trop souvent aussi, il y a une passivité chez le patient. Mais Pat Burns est un homme positif, et si vous avez comme lui une bataille à livrer, il peut vous inspirer.
- Pour écrire à Pat Burns ou prendre de ses nouvelles: www.tlcontact.com; Care Page Name: PatBurns (sans espace). Après s'être inscrit, on accès aux messages. Je précise que l'inscription n'est pas une arnaque.

Deux sources d'information sur le cancer du côlon:

- Société canadienne du cancer, Service info au % 1 888 939-3333 et www.cancer.ca.

- Pour une approche qui comprend les médecines complémentaires: www.reseauproteus.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=cancer_colon_pm.

vallieca@hotmail.com


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