Les locataires réclament des pouvoirs accrus pour la Régie du logement
Mots clés : logement
Estimant que certains propriétaires adoptent des «pratiques abusives et discriminatoires» lors de la sélection de leurs locataires, les comités logement demandent que les pouvoirs de la Régie du logement soient étendus au processus de location.
Un locataire qui croit être victime de discrimination peut porter plainte devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), alors que celui de qui on exige un trop grand nombre de renseignements personnels peut s'adresser à la Commission d'accès à l'information (CAI). «Les délais sont longs, la discrimination est difficile à prouver et cela ne garantit pas l'accessibilité à un logement», fait valoir Anne-Françoise Jacques, du RCLALQ.
Pour dénoncer la collecte de renseignements personnels «abusive», la «caravane» s'est arrêtée hier devant la maison personnelle d'un membre du conseil d'administration de la Ligue des propriétaires de Montréal, Sam Bustros, qui exigerait des aspirants locataires leurs numéros d'assurance sociale, de permis de conduire et de compte bancaire, ainsi que le nom de l'émetteur de leur carte de crédit.
À la Ligue des propriétaires, on juge les locataires un peu prompts à la dénonciation. «Ils disent que, quand on choisit quelqu'un qui a de meilleurs revenus, on fait de la discrimination», observe le président, Pierre Aubry. Depuis 25 ans, la Ligue fournit à ses membres un formulaire type où on demande le numéro d'assurance sociale, le nom de l'employeur ou les coordonnées du propriétaire actuel. «On essaie de s'en tenir aux informations pertinentes pour être en mesure de faire des enquêtes de crédit», note M. Aubry.
À la CAI, on fait valoir que les numéros d'assurance sociale, de permis de conduire et de carte d'assurance-maladie ne sont pas nécessaires pour que soient effectuées des enquêtes de crédit et qu'ils ne devraient pas être exigés.
Selon les comités logement, certains propriétaires pratiquent une discrimination de façon détournée à l'égard des familles et des personnes issues des communautés culturelles.
Devant les immeubles de Place L'Acadie, où les coquerelles et la vermine sortent des murs rongés par la moisissure, une Congolaise, Jacqueline Bwebwe, qui habite un six et demi avec ses huit enfants, a expliqué que son propriétaire avait refusé son chèque de 845 $ le mois dernier, accusant ses enfants d'avoir détérioré l'immeuble. «Je me prive de beaucoup de choses pour payer mon loyer. Ils lancent de fausses accusations. Si des noirs font des attroupements, ils accusent aussitôt mes enfants. S'ils me jettent dehors, parce que je suis immigrante, ce sera difficile de me reloger», affirme Mme Bwebwe, dont le propriétaire a finalement accepté le loyer le mois dernier.
Vos réactions
Quand on n'a qu'une seule version de l'histoire... - par Fanie Charron
Le lundi 07 janvier 2008 21:00
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Le jeudi 13 mai 2004 19:00
propriétaire raçicte - par michel nicodeme/quenon (sb326158@skynet.be)
Le jeudi 13 mai 2004 14:00

