Congrès de l'ACFAS - Les bébés peuvent eux aussi éprouver des troubles du comportement
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Photo: Agence Reuters
Pour son étude, M. Baillargeon a demandé aux mères de répondre à cinq questions sur le comportement de leur enfant, une première fois à 17 mois et une seconde fois à 29 mois. À partir de ces réponses, trois grandes catégories ont été dessinées (agressivité physique, opposition et hyperactivité), catégories qu'il a redivisées selon que l'enfant présentait fréquemment ce trait (high), à l'occasion (medium) ou généralement pas (low).
À 17 mois, la proportion des enfants qui entrent dans la catégorie high reste marginale et se partage équitablement entre filles et garçons, pour ce qui est de l'opposition et de l'hyperactivité. En revanche, il existe des différences évidentes, en matière d'agressivité, entre les garçons (5 %) et les filles (1 %). «La littérature a tendance à véhiculer que c'est l'éducation qui fait apparaître les différences entre les garçons et les filles, alors qu'elles existent déjà à 17 mois», remarque Raymond Baillargeon, qui voit là peut-être le signe d'une base biologique. Fait surprenant, les filles agressives le sont davantage que les garçons agressifs. Un bel exemple de gender paradox, note M. Baillargeon.
De 17 à 29 mois, il y a un accroissement du nombre d'enfants qui manifestent de l'agressivité, tandis que le ratio filles/garçons reste le même. «Une observation qui ne peut que donner un coup dur à la théorie de la socialisation», croit M. Baillargeon. C'est aussi pendant cette période que les différences entre les garçons et les filles apparaissent pour la première fois en matière d'opposition et d'hyperactivité, ce qui laisse croire que la socialisation dans ces cas-ci peut influer davantage, remarque le chercheur.
À 29 mois, les enfants qui étaient high ne le sont restés que dans une proportion de 51 %, alors que 8 % d'entre eux sont passés à la catégorie low. «On sait que 51 % est un chiffre qui n'est pas suffisant pour parler de continuité. Il faudrait un bon 90 % pour cela», convient M. Baillargeon, qui croit pouvoir y parvenir en faisant le suivi des petits tous les ans.
Et même s'il n'a aucune idée de ce qui fait qu'un état se maintient dans le temps ou non, le chercheur croit fermement que sa grille d'analyse peut être utile. «Cela peut donner aux parents et aux éducatrices des pistes d'intervention, explique-t-il. Si rien n'est entrepris dans l'environnement d'un enfant dit high, il y a de fortes chances que ce comportement se prolonge au-delà du préscolaire.» Tout à fait, ont répliqué les éducatrices, qui aimeraient bien que cette grille fasse bientôt son entrée dans les garderies.
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Une étude différente sur les enfants Ritalin
De nombreuses études ont mis en lumière les problèmes de motricité fine des enfants souffrant du trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité (TDAH), mais peu se sont penchées sur la condition physique de ces enfants, souvent réputés être remuants. Mais cela ne veut pas dire que, parce qu'ils bougent, ils le font toujours de façon efficace, a montré hier la kinésiologue Claudia Verret, qui a profité du 72e congrès de l'ACFAS pour livrer les résultats préliminaires d'une première étude portant sur la condition physique des enfants TDAH.
Travaillant auprès d'un très petit échantillon, la chercheuse a évalué la condition physique de 17 garçons âgés de huit ou neuf ans, dont dix seulement était sous médication régulière. Elle a choisi de mesurer six paramètres: le cardiovasculaire, la force, la vitesse, la flexibilité, l'endurance et la puissance, qui lui ont permis de comparer les performances des deux groupes avec la moyenne des enfants de cet âge, mais aussi entre eux.
Il appert que, contrairement aux croyances populaires, les enfants TDAH -- sous médication ou non -- ont une taille, un poids, un indice de masse corporel et une moyenne de plis cutanés qui correspondent à la moyenne québécoise. Les enfants prenant une médication étaient cependant tous très légèrement au-dessous de la moyenne. Idem pour l'endurance.
En ce qui concerne les capacités musculaires et la performance motrice, toutefois, «tous les enfants de l'échantillon se situent dans la moyenne inférieure», remarque la chercheuse. Étrangement, les rôles s'inversent ici, alors que les enfants qui sont sous médication font un peu mieux que ceux qui ne le sont pas. Selon une première hypothèse, cette meilleure performance -- particulièrement marquée pour la locomotion et la saisie d'objets -- ne serait a priori pas étrangère à la prise de Ritalin, le médicament même que nombre de chercheurs pointent du doigt pour ses effets négatifs.
La chercheuse demeure toutefois prudente et refuse de s'engager plus avant sur cette voie avant d'avoir terminé son étude, pour laquelle elle fait équipe avec Louise Béliveau, professeure à l'Université de Montréal. «La question, c'est maintenant de savoir si les enfants bougent assez efficacement pour accéder à une pratique de l'activité physique permettant de conserver une bonne condition physique à long terme, sans perdre l'intérêt.» Rendez-vous à l'automne pour la suite.
Vos réactions
noe 4 ans - par ARDAILLON isabelle
Le samedi 28 avril 2007 13:00
Auto-colonialisme ? - par Marcelin Gélinas (m.gelinas@moncanoe.com)
Le jeudi 13 mai 2004 14:00

