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De l'impôt déguisé soutiré aux petits travailleurs

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Jeannot Vachon
Envoyé Le jeudi 13 mai 2004 22:00



Subventionner les travailleurs saisonniers a du sens, mais ce sont les gagne-petit qui paient la note alors que les contribuables aisés s'en tirent en majeure partie. Quand on parle d'assurance, n'est-il pas injuste que des assurés soient sûrs d'être gagnants alors que pour d'autres c'est exactement l'inverse et ils sont obligés de cotiser ?

En réalité le gouvernement vole les travailleurs à faible revenu de 2 façons. D'abord il recueille trop d'argent des cotisations, ce qui en fait un impôt déguisé. Ensuite il oblige ces travailleurs à subventionner les industries saisonnières et les régions pauvres du pays. Avec le chômage on subventionne aussi des congés parentaux qui ne sont pas un risque à assurer mais une décision planifiée. Il pourra se greffer de nombreux projets similaires dans le futur puisque la caisse d'assurance-chômage a des surplus.

Ces causes sont nobles, j'en conviens, mais pourquoi les petits travailleurs doivent-ils en porter le poids ? Parce que ce sont des gens proches de leur classe sociale qui en profitent ?

Cet impôt spécial coûte aussi cher à un travailleur à 40,000 qu'à un médecin qui en gagne 200,000. Celui qui gagne 20,000 par an est sur le seuil de la pauvreté. Même s'il doit faire vivre une femme et 2 enfants et qu'il gagne 10 fois moins que ce médecin, il devra cotiser un montant égal à 50% de la cotisation de celui-là, non pas pour un coût d'assurance, mais pour une faible partie d'asssurance et une majeure partie d'impôt spécial à verser en subventions à différents groupes. Pourquoi ce fardeau fiscal n'est-il pas réparti équitablement à l'ensemble de la population en fonction des revenus de chacun ?

Pour qu'il y ait équité, il faudrait 2 sortes d'assurance-emploi, une pour les cotiseurs stables et une autre pour les récidivistes du chômage ou pour ceux qui profitent de telles subventions déguisées. L'une qu'on pourrait appeler l'assurance emploi saisonnier coûterait plus cher en primes et rapporterait moins en prestations et ce serait l'inverse pour l'assurance emploi régulière.

On parle toujours que le privé gère mieux ses affaires que le gouvernement. Celui qui fait plusieurs réclamations s'apperçoit vite que sa prime augmente de façon exponentielle. Le privé ne facture pas les uns pour subventionner les autres. À risque égal, prime égale, mais si le risque augmente pour un groupe, c'est ce groupe qui paie et non l'ensemble des clients.

Si j'ai une sécurité d'emploi, pourquoi je paierais aussi cher mais à l'année longue qu'un travailleur saisonnier qui sera régulièrement en chômage 8 mois sur 12 ?

Si le gouvernement tient à soutenir les régions pauvres et les industries saisonnières, qu'il en fasse partager le poids à tous les contribuables. Ceux qui profitent de ce systême doivent s'attendre à payer doublement autant en primes qu'en prestations. S'ils ont choisi de vivre dans une région pauvre ou de travailler dans une industrie pauvre, ils doivent en assumer les conséquences, plutôt que de profiter du climat électoral pour faire du bruit et essayer d'en soutirer un peu plus, non pas du gouvernement, mais des gagne-petits qui à la fin paient la facture.

Avec cette solution on en arriverait à l'inverse de ce qui se passe actuellement. Le gouvernement, via l'ensemble des impôts perçus, couvrirait les pertes encourues par l'assurance emploi saisonnier, alors que l'autre serait autonome, ni en surplus ni déficitaire, du moins sur un long terme.

De plus, avec les économies réalisées et le capital d'assurance rapatrié vers son but initial, le gouvernement pourrait offrir des conditions plus avantageuses, en termes de stabilité du revenu pour les emplois saisonniers, plutôt que de cochonner les chômeurs avec des règles impossibles comme il l'a fait depuis plusieurs années.


Jeannot Vachon
Comptable
Québec

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