Retrait de Gaza: un non massif à Sharon
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Le premier ministre pourrait agir malgré le résultat du référendum mené au sein du Likoud

Photo: Agence Reuters
Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a affirmé qu'il respectait les résultats du référendum, mais qu'il ne démissionnerait pas malgré le rejet de son plan. «J'ai l'intention de continuer à diriger l'État d'Israël au meilleur de mes capacités, de ma conscience et de mes obligations publiques», a-t-il souligné, selon un communiqué publié par ses services. Il a ajouté qu'il consulterait des responsables du Likoud et du gouvernement pour les prochaines étapes, laissant entendre qu'il pourrait appliquer son plan malgré les résultats.
«Une chose est claire pour moi, le peuple israélien ne voulait pas que je m'asseye pendant quatre ans en croisant les bras. J'ai été choisi pour apporter à ce pays le calme, la paix et la sécurité qu'il mérite», a-t-il précisé.
Ce rejet ne veut pas dire que la proposition de M. Sharon est «mauvaise», a affirmé pour sa part le vice-premier ministre Ehoud Olmert, fervent partisan du plan. «Il n'y a pas d'autre solution pour le peuple d'Israël. Ce mouvement ne peut pas être arrêté [...] Nous devons trouver un moyen.»
Dans les colonies de la Bande de Gaza au contraire, des colons laissaient éclater leur joie. «Les gens ici ont du bon sens, et ils ne peuvent pas être dupés par un plan qui n'en a pas», a affirmé Rachel Sapperstein, qui habite la colonie de Neve Dekalim. «Et ils savent qu'on ne peut pas donner des prix aux terroristes.»
Le premier ministre palestinien Ahmed Qoreï a affirmé que les résultats du scrutin étaient dénués de sens. «Le moyen le meilleur et le plus pacifique [...], ce sont des négociations sérieuses entre les deux parties.»
La participation au scrutin a été faible. Moins de la moitié des 193 000 membres du Likoud sont allés voter. Selon des observateurs, le vote «non» a été stimulé par une attaque palestinienne perpétrée plus tôt dans la journée à Gaza, dans laquelle une Israélienne enceinte et ses quatre filles ont été tuées.
Selon le ministre de la Défense Shaul Mofaz, Ariel Sharon s'est dit déterminé à mettre son projet en oeuvre, même sans le feu vert du Likoud.
Ce qui risquerait de déclencher une crise gouvernementale majeure, selon les analystes. D'autres proches de Sharon, comme Ehoud Olmert, affirment qu'il envisagerait, en cas d'échec au sein du Likoud, un référendum au niveau national où son plan dispose du soutien de la majorité. Mais voter une loi pour l'organiser pourrait prendre des mois.
En vertu du plan, Israël évacuerait ses forces militaires et les habitants de 21 colonies juives de la Bande de Gaza (soit quelque 7500 colons), ainsi que quatre petites colonies en Cisjordanie d'ici à la fin 2005. L'État hébreu continuerait de contrôler la zone frontière entre Gaza et l'Égypte, ainsi que l'espace aérien et les côtes de Gaza. Israël se réserverait le droit de riposter à toute attaque en provenance du territoire et achèverait la construction du «mur de séparation» en Cisjordanie, destiné à protéger Israël des terroristes en provenance de ce territoire.
Les opposants au plan considèrent que le retrait unilatéral de Gaza serait pris comme une victoire par les extrémistes palestiniens et que Sharon, hier plus fervent adepte de la colonisation des territoires, a trahi les colons et partisans du «Grand Israël», son électorat le plus fidèle.
Représailles palestiniennes
Parallèlement, deux Palestiniens ont ouvert le feu hier sur une voiture près de l'entrée du bloc d'implantations juives de Goush Katif, dans la Bande de Gaza, tuant cinq Israéliens -- une femme enceinte de huit mois et ses quatre filles -- selon l'armée israélienne. Des soldats israéliens se sont rendus sur les lieux et ont abattu les deux assaillants. Deux militaires ont également été blessés. Cette attaque était la plus meurtrière visant des colons juifs à Gaza depuis des mois.
L'action a été revendiquée par le jihad islamique et les Comités de résistance populaire, qui ont affirmé venger les assassinats récents de deux chefs du Hamas, cheikh Ahmed Yassine et son successeur Abdel Aziz Rantissi.
«Cette attaque fait partie des représailles palestiniennes aux crimes quotidiens commis par l'armée israélienne contre le peuple palestinien, et particulièrement aux meurtres de Yassine et Rantissi», a déclaré le groupe. À Gaza, quelque 1500 personnes ont participé à un défilé du jihad islamique célébrant cette attaque.
Quelques heures après, un hélicoptère israélien a tiré quatre missiles sur un immeuble de 13 étages abritant notamment les locaux d'une radio proche du Hamas et d'autres organes de presse palestiniens dans le centre de la ville de Gaza. Sept Palestiniens ont été légèrement blessés.
En Cisjordanie, quatre militants palestiniens, dont deux dirigeants des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, ont été tués dans leur voiture à Naplouse, en Cisjordanie, par une attaque aérienne israélienne, selon des sources sécuritaires palestiniennes. Les quatre victimes ont été tués par un missile qui a frappé leur voiture, selon ces mêmes sources. Un chasseur F-16 a été vu au-dessus du site au même moment.

