Élections fédérales - Les conservateurs tentent d'obtenir l'appui des adéquistes
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Ottawa -- Le nouveau Parti conservateur cherche activement à nouer des liens organisationnels avec l'Action démocratique du Québec (ADQ), mais la formation de Mario Dumont préfère garder ses distances, du moins pour l'instant.
«Oui, j'ai parlé avec M. Reynolds à une reprise, a confirmé M. Sans Cartier lors d'un entretien téléphonique. Mais j'ai aussi des contacts avec des personnes d'autres partis politiques.»
Des émissaires du Bloc québécois tenteraient eux aussi de courtiser les adéquistes.
Or, l'adjoint de Mario Dumont assure que l'ADQ n'a pas l'intention d'appuyer quelque parti que ce soit au cours de la campagne fédérale, comme cela a toujours été le cas. Mais il admet qu'il existe de nombreuses «similitudes» entre l'ADQ et les conservateurs.
«C'est sûr qu'au niveau des militants comme des idées, il y a effectivement ce qu'on pourrait appeler des affinités, a convenu M. Sans Cartier. D'ailleurs, plusieurs de nos militants sont aussi membres du Parti conservateur, même s'il y en a aussi dans d'autres partis.»
Leo Housakos, qui est responsable des finances de l'ADQ et militant conservateur depuis toujours, verrait d'un bon oeil un rapprochement entre les deux partis.
«Je pense qu'évidemment, ça pourrait aider [les conservateurs], dit-il. Ce dont le Parti conservateur a besoin, c'est de porte-parole crédibles qui peuvent rehausser la cote du parti au Québec. Ça prendrait certainement un lieutenant québécois, ce qu'on n'a pas actuellement.»
M. Dumont serait le seul chef des trois partis représentés à l'Assemblée nationale à avoir téléphoné au chef conservateur, Stephen Harper, lors de sa victoire au leadership, en mars.
Collaboration
«Nous avons parlé à tout le monde, a précisé le député Reynolds en entrevue téléphonique. Mais évidemment, il y a un grand nombre d'adéquistes qui aiment notre parti et nos gens, alors nous travaillons avec eux, de même qu'avec les libéraux conservateurs.»
John Reynolds jure que les conservateurs «prennent le Québec très au sérieux» et qu'ils seront en mesure d'y arracher quelques sièges le jour du vote.
«Si les sondages montrent, vers la fin de la campagne, que Stephen Harper peut devenir le premier ministre d'un gouvernement minoritaire, nous croyons que les Québécois voudront s'assurer d'élire au moins une poignée de députés conservateurs afin de faire partie de ce gouvernement», a estimé M. Reynolds.
Il reste que l'ADQ a peu à gagner d'un éventuel appui aux conservateurs dans la campagne qui s'amorcera bientôt.
«Au Québec, le Parti conservateur est à 11 % dans les sondages [alors que l'ADQ recueille 20 % d'appuis], fait remarquer M. Housakos. Comme conservateur, j'ai bien compris que ce serait une bonne idée d'avoir l'appui de l'ADQ, mais je ne sais pas si ce serait une bonne chose pour l'ADQ.»
Les programmes des conservateurs et de l'ADQ se rejoignent sur plusieurs questions, notamment le rôle de l'État, le fardeau fiscal, la place du secteur privé en santé et les relations fédérales-provinciales. Mais dans le dossier du bilinguisme officiel, par exemple, les écarts sont notables.
Chef de cabinet de Mario Dumont depuis moins d'un an, Alain Sans Cartier a longtemps travaillé pour les conservateurs. De 1998 à 1992, il a été tour à tour adjoint et organisateur de l'ex-ministre Jean Corbeil. Puis, au printemps 1993, M. Sans Cartier a fait partie de l'équipe qui tentait de faire élire Jean Charest à la tête de l'ancien Parti progressiste-conservateur. C'est Kim Campbell qui avait remporté la course.

