Les 10 nouveaux membres de l'UE mettront les forestières à l'épreuve

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PC
Édition du lundi 19 avril 2004

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L'industrie forestière nord-américaine doit se réveiller sinon...

Vancouver -- L'élargissement de l'Union européenne (UE) à 10 nouveaux pays mettra à l'épreuve la compétitivité de l'industrie forestière nord-américaine, selon une nouvelle étude.

L'UE passera de 15 à 25 membres le 1er mai. La plupart des recrues sont des anciens satellites de l'URSS. Or, la Pologne, les Républiques tchèque et slovaque, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont des ressources ligneuses considérables et moins développées que dans les autres pays membres de l'Union, peut-on lire dans le rapport de la firme PricewaterhouseCoopers.

Les billots expédiés ailleurs pour transformation comptent pour la plus grande partie de leur production. Aussi, un grand nombre de leurs scieries et de leurs usines de pâtes et papiers sont vétustes, car elles datent de l'époque communiste. Mais, ajoute l'étude, les investissements devraient maintenant affluer avec l'adhésion à l'UE, à son système économique et à sa réglementation.

Toutefois, ce nouvel élargissement de l'Union laisse les gens d'affaires canadiens indifférents, et particulièrement l'industrie forestière, a affirmé un analyste

de PricewaterhouseCoopers, Bruce McIntyre.

Selon lui, l'ajout de ces 10 pays aux économies moins développées est bien mal compris, «et les implications pour l'industrie forestière le sont encore moins».

Un danger potentiel

Mais attention, l'industrie canadienne devrait prendre garde et mieux jauger le risque pour sa compétitivité, ou encore le potentiel d'investissement, a-t-il prévenu.

«C'est une industrie internationale et tout le monde vend au même marché mondial.»

Les 10 nouveaux adhérents peuvent sembler bien petits: ensemble, ils ont produit 15,7 millions de mètres cubes de bois en 2002, par rapport aux 36,1 millions de la Colombie-Britannique...

Il y aura toutefois des investissements et une hausse de la production. Et comme leurs forêts sont jeunes, la ressource ira en expansion, a commenté l'analyste.

Actuellement, la production canadienne correspond à 79,2 millions de mètres cubes, soit l'équivalent de celle des 15 membres actuel de l'Union.

Dans l'immédiat, les effets se feront sentir en Europe même, avec l'élimination des barrières tarifaires. «On donne ainsi accès à de l'argent, à des marchés, à du talent, a expliqué M. McIntyre. Mais à court terme, il y aura peu de changements, seulement des rationalisations et des consolidations.»

Néanmoins, les exportateurs nord-américains qui font affaire en Europe trouveront de nouveaux concurrents. Les avantages des nouveaux membres de l'UE, notamment le coût de leur main-d'oeuvre, s'estomperont toutefois graduellement avec le réalignement à la hausse du filet social, en conformité avec l'Europe. «Pour rester concurrentiels, ils devront donc investir dans leurs usines et leurs équipements», a soutenu l'analyste.

Un autre grand rival se dresse aussi: la Russie, au potentiel largement inexploité, qui entretient déjà des liens avec les pays d'Europe centrale, qui pourraient être tentés de puiser dans ce réservoir de ressources naturelles.

De l'avis de M. McIntyre, les entreprises nord-américaines ont été trop obnubilées par le litige du bois d'oeuvre et n'ont pas vu ni les menaces ni les possibilités d'investissement que représentait l'Europe. L'heure est maintenant à l'investissement, pour demeurer concurrentiel, a-t-il conclu.


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