Cosmodrome de Baïkonour - Un nouvel équipage s'envole aujourd'hui pour la Station spatiale internationale

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AP
Édition du lundi 19 avril 2004

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Baïkonour -- L'Américain Michael Fincke et le Russe Guennadi Panalka s'envolent aujourd'hui du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, en Asie centrale, pour une mission de six mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Le Néerlandais Andre Kuipers, également du voyage, séjournera à leur côté dans l'ISS jusqu'à la fin avril.

Le vaisseau Soyouz TMA-4 transportant les trois hommes doit décoller aujourd'hui à 3h19 GMT, au sommet d'une puissante fusée Soyouz-FG.

C'est désormais le seul moyen de rejoindre la station orbitale depuis la suspension du vol des navettes américaines, clouées au sol après l'accident de Columbia, le 1er février 2003, dans lequel sept astronautes ont péri. La découverte d'un problème d'aérofreins sur les navettes restantes -- certains mécanismes étaient montés de manière incorrecte -- a repoussé la reprise des vols, qui n'est pas prévue à présent avant le printemps 2005.

D'ici là, la Russie prend en charge l'acheminement vers l'ISS, mobilisant des fonds et des ressources initialement destinés au programme spatial russe. «Nous avons rempli toutes nos obligations», a ainsi fait valoir hier à Baïkonour Sergueï Gorbounov, porte-parole de l'agence spatiale russe.

«Les États-Unis et le Japon réduisent leurs budgets» en matière spatiale, laissant la seule Russie racler ses fonds de tiroir, a-t-il déploré. «Ça ne peut plus durer». Confrontée à des problèmes financiers, la Russie a dû geler la construction de son propre segment de l'ISS ainsi que certains projets comme la commercialisation de voyages spatiaux pour des touristes fortunés.

Objectifs divergents

La Russie demande aujourd'hui à la NASA de faire passer la durée des missions à bord de l'ISS de six mois à un an, afin précisément de pouvoir procéder à ces vols fort lucratifs. «Il va falloir qu'ils acceptent nos conditions. Nous ne demandons rien d'impossible», a souligné M. Gorbounov.

La Russie et les États-Unis n'ont par ailleurs pas les mêmes projets concernant l'ISS. Selon les accords initialement conclus par les États-Unis, la Russie, l'Agence spatiale européenne (ESA), le Japon et le Canada, la station orbitale aurait dû accueillir en 2004 six équipages. Mais la NASA se fixe désormais un objectif de trois équipages, y compris après la reprise des vols de la navette.

L'Américain Michael Fincke ne semble pas retenir cet aspect des choses. «Il est très symbolique de voir ce que nous pouvons faire lorsque des gens du monde entier travaillent ensemble», a-t-il déclaré. Âgé de 37 ans, ce diplômé de sciences physiques, d'aéronautique et d'astrophysique effectue sa première mission spatiale. Il occupera les fonctions d'ingénieur de bord.

Guennadi Padalka, 45 ans, a lui passé 198 jours dans l'espace en 1998-1999 à bord de la station russe Mir, précipitée volontairement dans l'océan en 2001 et

détruite lors de la rentrée dans l'atmosphère.


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