Trois otages japonais sont libérés
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Un diplomate iranien est tué à Bagdad, au moment où Téhéran s'implique dans des négociations délicates

Photo: Agence Reuters
Mlle Takato, un autre humanitaire, Noriaki Imai, 18 ans, et le photographe indépendant Soichiro Koriyama, 32 ans, avaient été capturés le 8 avril près de la ville de Fallouja par «les Brigades des Moudjahidine», des rebelles sunnites. Les ravisseurs menaçaient de les exécuter si Tokyo ne retirait pas ses 550 soldats d'Irak, une exigence rejetée par le premier ministre Junichiro Koizumi. L'incertitude demeure sur le sort de deux autres Japonais, un journaliste et un militant pacifiste, dont le rapt en Irak a été annoncé mercredi mais toujours pas confirmé officiellement.
Le premier secrétaire de l'ambassade d'Iran à Bagdad, Khali Naïmi, a été tué par des hommes armés à Bagdad. L'assassinat est survenu au moment où des médiateurs iraniens tentent d'aider à régler la crise entre la coalition dirigée par les États-Unis et le chef chiite radical Moqtada Sadr. L'émissaire iranien Hossein Sadeghi a estimé dans une déclaration à l'AFP qu'il y avait «probablement un lien» entre cet assassinat et sa mission.
En outre, pour la première fois un otage a été exécuté en Irak. Ses ravisseurs, se faisant appeler «la Brigade verte», ont indiqué dans un communiqué à al-Jazira avoir tué mercredi l'un de leurs quatre otages italiens «en raison des déclarations de [Silvio] Berlusconi», le chef du gouvernement, «selon lequel le retrait des troupes italiennes n'est pas sujet à négociation».
Le président syrien, Bachar al-Assad, a par ailleurs reçu une lettre du secrétaire d'État américain, Colin Powell, demandant à Damas d'oeuvrer pour une «pacification de la situation en Irak», a rapporté hier l'agence officielle syrienne Sana.
L'armée américaine a annoncé avoir massé des troupes près de Najaf, où M. Sadr a trouvé refuge, en prévision d'une opération contre sa milice armée qu'elle tient responsable pour les troubles récents dans le sud et à Bagdad.
La délégation iranienne a annoncé hier qu'elle ne rencontrerait pas Sadr, peu après l'assassinat du diplomateNaïmi, mais les négociations se poursuivaient pour trouver une issue pacifique à la crise.
Négociations
Le chef de la mission du ministère iranien des Affaires étrangères, Hossein Sadeghi, a affirmé qu'il «ne rencontrerait pas Moqtada Sadr» alors que, quelques heures plus tôt, il avait estimé «probable» une telle rencontre. Il a par ailleurs insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une mission «d'information sur la situation en Irak» alors que son ministère avait parlé de «mission de bons offices». Il a mis en garde contre une attaque américaine contre la ville sainte chiite de Najaf.
La coalition a de son côté reconnu que des négociations étaient en cours. L'administrateur américain en Irak, Paul «Bremer, et des responsables irakiens sont très impliqués [dans les négociations]. Il y a également d'autres groupes moins officiels qui tentent d'apporter leur aide», a indiqué le chef d'état-major interarmées américain, le général Richard Myers. «Il y a de multiples canaux» de négociations, a-t-il ajouté.
La médiation entre Moqtada al-Sadr et la coalition a été confiée à une aile dissidente du parti chiite Daawa à la suite d'un accord entre l'autorité religieuse chiite et le chef rebelle, a-t-on appris auprès des parties chiites impliquées dans les négociations.
Le chef du parti Daawa, Ibrahim al-Jaafari, un des membres de la présidence tournante du Conseil de gouvernement transitoire, a fait état de «l'exclusion de membres du Conseil du gouvernement de la médiation». «Peu importe le mécanisme final mis en oeuvre, l'important est de désamorcer la crise», a affirmé M. Jaafari lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'il fallait «que ce soient des parties ou des personnalités irakiennes qui règlent ce conflit».
M. Jaafari a par ailleurs rapporté que Moqtada al-Sadr «a fait preuve de souplesse sur les points essentiels de la négociation et seuls des détails sont encore en suspens». La Marjaiya, plus haute autorité religieuse chiite, a désigné «une délégation pour négocier avec la partie américaine» une solution à la crise, sous la direction d'Abdel Karim al-Aanazi, dirigeant de l'aile dissidente du parti Daawa. Cette décision a été prise à l'issue d'une rencontre entre des émissaires des quatre grand ayatollahs, dont la figure emblématique Ali Sistani, et Moqtada al-Sadr, selon l'entourage de ces ayatollahs.
Les Italiens sont unis
La classe politique italienne a mis de côté ses divergences sur la politique étrangère de Silvio Berlusconi hier pour afficher sa détermination à ne pas céder au «chantage» des ravisseurs qui ont exécuté la veille l'un des quatre Italiens pris en otages en Irak.
L'assassinat de Fabrizio Quatrocchi a toutefois déclenché des appels en faveur d'une plus grande implication de l'ONU dans le processus de transition en Irak.
«Ce ne serait pas seulement lâche, cela nous porterait également préjudice si nous nous retirions [d'Irak] avec seulement la moitié du travail effectué. Nous ne pouvons pas céder», a affirmé le ministre de la Défense, Antonio Martino.
L'opposition de gauche, pourtant critique de l'alignement de Berlusconi sur les États-Unis, a toutefois fait part de sa solidarité avec le gouvernement conservateur sur la crise des otages. «L'ignoble chantage d'une bande de ravisseurs criminels ne mérite pas de réaction politique. L'Italie est et doit rester unie», a souligné Francesco Rutelli, dirigeant du parti de la Marguerite.

