Scandale des commandites - John Williams continue de ferrailler avec Paul Martin
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Photo: Agence Reuters
M. Williams a formulé ces commentaires alors que le comité qu'il préside s'apprête à tenir une autre série d'audiences, où seront entendus des témoins-clés, comme David Dingwall. Ancien ministre des Travaux publics et aujourd'hui président de la Monnaie royale canadienne, M. Dingwall devait témoigner aujourd'hui.
Bien que son mandat au cabinet ait précédé la période où le programme des commandites, grâce auquel des millions de dollars fédéraux ont été versés à des firmes de publicité proches des libéraux, fonctionnait à plein régime, certains témoins ont laissé entendre que les règles d'attribution des contrats avaient été contournées avant même que le programme ne soit officiellement lancé.
Le François convoqué
Le comité entendra mercredi Marc LeFrançois, l'ex-pdg de Via Rail. Ce dernier a été congédié par M. Martin dans la foulée de la publication du rapport de la vérificatrice générale, qui s'interrogeait sur le rôle joué par Via dans plusieurs ententes de commandites.
Des sources disent que le comité voudrait également convoquer Jean Pelletier, qui fut chef de cabinet de Jean Chrétien lorsque celui-ci était premier ministre, mais on ignore s'il témoignera cette semaine. M. Pelletier a été congédié de la présidence du conseil de Via Rail après avoir tenu des propos controversés sur la médaillée olympique Myriam Bédard, en lien avec le programme des commandites.
M. Martin a accusé la semaine dernière le président du comité des comptes publics de faire de «l'obstruction systématique» à des fins partisanes. M. Williams a contre-attaqué en visant les libéraux. Ceux-ci, qui forment la majorité au comité, ont fait adopter la semaine dernière une résolution qui a mené à la divulgation du témoignage fait à huis clos, il y a deux ans, par Charles Guité, l'ex-fonctionnaire aux Travaux publics qui était à la tête du programme de commandites. M. Guité doit témoigner à nouveau, cette fois en public, les 22 et 23 avril. M. Martin a laissé entendre qu'il retardera le déclenchement des élections jusqu'à ce que M. Guité ait été entendu.
Mais l'opposition soutient que le premier ministre a orchestré les audiences dans le but d'exonérer des ex-ministres comme Alfonso Gagliano, qui était titulaire des Travaux publics pendant la plus grande partie de la période couverte par l'affaire des commandites.
Et, selon M. Williams, le gouvernement a voulu rendre public le témoignage fait en 2002 par M. Guité dans l'espoir que celui-ci serve de bouc émissaire. «Mais ce n'est pas lui le coupable, il faut remonter plus haut», soutient M. Williams.

