L'opposition démolit le budget Séguin

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PC
Édition du mercredi 31 mars 2004

Mots clés : opposition

Québec - L'opposition officielle a très mal accueilli le budget déposé hier par le ministre des Finances Yves Séguin. Le porte-parole péquiste pour les questions de finances, François Legault, a réduit le budget en charpie, concluant qu'il ne livre pas les baisses d'impôt promises par le Parti libéral du Québec, qu'il n'ajoute pas les 2,2 milliards promis en santé et que les familles québécoises, pour la plupart, ne voient «aucune diminution de leur fardeau» au bout du compte.

L'ancien ministre du Parti québécois a déploré le fait qu'avec des ajouts de 955 millions en santé, les libéraux sont loin des 2,2 milliards promis.

«Ce n'est même pas assez pour couvrir l'inflation dans la santé», a dit M. Legault, lui-même un ancien ministre de la Santé.

Cet ajout ne résultera en «aucun service de plus» pour les malades, «sauf si on veut transférer» des montants d'un programme à l'autre, a-t-il dit.

Pour ce qui est des montants alloués aux familles dans ce budget, M. Séguin fait comme si son gouvernement n'avait pas préalablement augmenté leur fardeau en haussant les frais de garde et en accroissant les tarifs d'hydroélectricité, a aussi déploré M. Legault.

Le critique péquiste en matière de finances s'inquiète de la vente d'actifs prévue, qui doit générer des revenus de 880 millions. Tout ce qu'on sait, déplore-t-il, c'est que ces actifs vendus ne seront pas Hydro-Québec, ni Loto-Québec, ni la Société des alcools du Québec. «On a raison d'être inquiet» vu le mutisme gouvernemental, a-t-il commenté.

Québec ayant espéré, en vain, plus d'argent du gouvernement fédéral, il est pris aujourd'hui dans un étranglement financier, a dit le critique péquiste.

«C'est un budget mauvais à cause de ses prévisions concernant les transferts du fédéral», a-t-il ajouté. Le chef adéquiste Mario Dumont a prédit que l'un des plus déçus de ce budget Séguin sera le premier ministre Jean Charest, tant ce budget est éloigné des engagements électoraux et des discours publics.

Si le ministre Séguin a voulu se faire passer pour «Robin des Bois», en prêchant la redistribution de la richesse, il apparaît plutôt, aujourd'hui, comme «Pinocchio» -- autrement dit comme un menteur -- pour cause de «non-respect des engagements» électoraux. Il cite, parmi ces promesses non respectées, l'assainissement des finances publiques, les baisses d'impôt et la réduction de la taille de l'État.

M. Dumont rigole aussi du maintien officiel du déficit zéro, dans un contexte où l'on doit vendre des actifs et où la dette atteint 115 milliards. «Le déficit zéro, ça ne veut plus rien dire.»

«On vend des actifs. On vend des meubles pour payer l'épicerie», s'est indigné M. Dumont à propos du fait que le gouvernement attend 880 millions de la vente d'actifs -- dont certains actifs de la SGF et de la Société immobilière du Québec.

Le chef de l'Action démocratique du Québec a également ironisé sur ce qu'il a appelé «des gadgets de communication» contenus dans le budget Séguin, comme la détaxation des couches pour bébés et des «articles d'allaitement».

«Si les enfants sont raisonnables sur l'utilisation des couches», cela pourra peut-être générer une maigre économie, a-t-il lancé avec humour. «Je viens tout juste d'en acheter. Avoir su, j'aurais attendu à demain», a blagué M. Dumont.


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