Musique - Montréal/Nouvelles Musiques a ouvert une fenêtre sur le monde
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« Un événement qui correspond exactement au stade de développement de la création musicale dans notre pays »
Il s'agissait d'une première. Pour la Société de musique contemporaine du Québec, ces dix jours de mars dernier consacrés à la musique actuelle ont eu des résultats qui ont rencontré toutes les attentes, de la participation du public aux commandes plus tard passées à des compositeurs d'ici. L'an dernier, les Pays-Bas en vedette; l'an prochain, la France.On peut aller encore beaucoup plus loin dans les louanges, car MNM a représenté une ouverture de Montréal sur le monde et a su souligner aux yeux de celui-ci le travail effectué au Québec et au Canada en matière de création musicale. Walter Boudreau, directeur artistique de la SMCQ, le dit sans ambages: «MNM est enfin un événement qui correspond exactement au stade de développement de la création musicale dans notre pays; c'est la vitrine internationale dont nous avions besoin.»
Dix jours en mars
Sous la direction artistique de Walter Boudreau et de Denys Bouliane, les dix jours de Montréal/Nouvelles Musiques ont permis de présenter à travers 17 programmes et 19 concerts les oeuvres de plus de 50 compositeurs. Produit par la Société de musique contemporaine du Québec, en partenariat avec la faculté de musique de l'université McGill, l'Orchestre symphonique de Montréal, la Chaîne culturelle de Radio-Canada, CBC Radio Two et le Conseil québécois de la musique, cette première édition a été le théâtre de 13 créations. Les protagonistes étaient des ensembles de toutes tailles, de tous genres et de toutes provenances, avec, notamment, la visite du Hilliard Ensemble et du Klangforum Wien.
«Le milieu de la musique de création est dans la même situation qu'une grande corporation, Bombardier, par exemple: il nous faut exporter», dit Walter Boudreau. Le compositeur et chef est persuadé que MNM sera ce pôle d'attraction, d'interactions et d'échanges, comme peut l'être le festival Présences de Radio-France à Paris. Paris, l'horizon est bien défini et après l'édition 2003 qui s'intéressait aux Pays-Bas mais ébauchait déjà un axe Montréal-Paris [par exemple avec la création de In the Flesh du Canadien Sean Fergusson, créé à Paris et présenté un mois plus tard à Montréal], le cap sera mis sur la France en 2005.
Stimuler la commande
L'existence de MNM doit également stimuler les commandes d'oeuvres à des compositeurs québécois et canadiens. D'ailleurs, à la suite de la 1re édition de MNM, le compositeur Yannick Plamondon s'est vu offrir une résidence auprès du Klangforum à Vienne. «Le festival est un tremplin pour que notre musique puisse percer au niveau international. Nous ne voulons pas être un gros poisson dans un petit étang. C'est sûr que tout le monde rêve de jouer en Amérique. Il est temps de rendre la monnaie de la pièce.» Walter Boudreau souligne aussi par là que la SMCQ est un consortium de compositeurs qui constituent des ensembles pour des projets spécifiques: «La vraie vocation de la SMCQ -- être un catalyseur ici et à l'étranger -- prend ainsi son envol. Nous voulons avant tout que les oeuvres circulent.»
Le festival Présences sera la tête de pont de cet axe franco-québécois mis sur pied par la SMCQ, un partenaire d'autant plus intéressant que «le budget discrétionnaire du délégué artistique de Présences, René Bosc, est de 250 000 $CAN par festival». En 2005, la 15e édition de Présences, articulée autour de la figure du compositeur français Marc-André Dalbavie, aura une forte tonalité québécoise: «Les gens sont sympathiques à notre égard. Ils reconnaissent nos efforts mais aussi la qualité des compositions», dit celui qui a été invité à diriger l'Orchestre philharmonique de Radio-France pour le concert de clôture de ce Présences 2005.
Montréal, avant Toronto
Autre prouesse, et non des moindres, Montréal/Nouvelles Musiques a su rencontrer un public: «Avec 6000 spectateurs, nous avons fait aussi bien que l'opéra de Britten qui était présenté à l'Opéra de Montréal en 2003.» Walter Boudreau est également ravi que le concert de l'OSM se soit déroulé devant une salle «pleine et "hot"». Le partenariat avec l'OSM sera d'ailleurs reconduit en 2005 et Walter Boudreau se réjouit déjà pour la suite: «On avait peur d'avoir une vieille pipe du XIXe siècle à l'OSM. Kent Nagano, c'est prometteur.»
Il souligne que la jauge de public est ainsi comparable à celle d'une capitale européenne. Toronto, en comparaison, n'a qu'un quart du public de Montréal en matière de musique de notre temps, selon le directeur artistique de la SMCQ, qui se réjouit que les trois buts poursuivis -- oeuvres de qualité, dans les meilleures interprétations possibles et avec une large diffusion -- l'aient été si bien lors de la première édition.
Walter Boudreau met déjà la touche finale à l'édition MNM 2005, en alternance avec Musimars, un rendez-vous plus modeste qui entretient la flamme entre deux éditions mais peut également avoir d'heureux effets: Philippe Hurel, animateur de Musimars 2004, reviendra ainsi à Montréal/Nouvelles Musiques avec son ensemble Court-Circuit.
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