Avenir du Conseil - En harmonie avec les programmes culturels de la nouvelle ville
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« Nous voulons aussi écouter les communautés culturelles pour voir comment on pourrait mieux les aider »
Le temps est à la réflexion au Conseil des arts de Montréal (CAM). Le CAM est aujourd'hui un organisme mature qui a presque 50 années d'existence. Au cours de sa longue vie, il a subi de nombreuses transformations à divers moments. La dernière en date lui a été imposée de l'extérieur, engendrée par les fusions municipales. Le Conseil souhaite maintenant que la prochaine émane de l'intérieur, à la suite d'une importante réflexion stratégique.Au niveau du financement, la nouvelle Ville de Montréal est devenue l'unique interlocuteur de l'institution. Avant les fusions, le Conseil obtenait des subventions de trois acteurs différents: la Communauté urbaine de Montréal finançait le CACUM à 55 %, la Ville de Montréal à 45 % et le reste provenait des différentes municipalités de l'île.
«Maintenant, nous n'avons plus qu'un seul interlocuteur, qu'une seule source de financement et une nouvelle façon de travailler avec la Ville», explique le président de l'organisme, Maurice Forget. En 2003, la Ville de Montréal a subventionné le Conseil à 99,3 %, soit une subvention de l'ordre de 9 millions $. Lors du Sommet de Montréal, il avait pourtant été établi que le Conseil allait bénéficier d'un budget total de 10 millions $.
Éviter les dédoublements
Avant la réorganisation municipale dans l'île, il existait déjà un important service de développement culturel à la Ville de Montréal. Le Conseil et le service de développement culturel de la Ville ont dû revoir leurs missions respectives pour éviter les dédoublements. «La première chose que nous nous sommes attelés à faire, c'est de travailler avec le service de développement culturel pour décider qui fait quoi. On se retrouve parfois à toujours subventionner les mêmes organismes, mais ce n'est maintenant plus pour les mêmes raisons», souligne M. Forget.
Idéalement, le Conseil des arts s'occupe de «stimuler la création», alors que la Ville joue un plus grand rôle «dans la diffusion et l'aide technique aux organismes». La Ville et le Conseil sont aussi en discussion pour déterminer qui devrait être responsable de la remise de prix aux organismes culturels. À l'heure actuelle, les deux entités remettent chacun leurs prix.
Selon M. Forget, le Conseil des arts est mieux placé que la Ville pour occuper ces fonctions. «Le Conseil a déjà une bonne expérience dans la formation de jurys et dans l'évaluation de candidatures», soutient-il. Chaque année, depuis 1985, l'institution remet en effet son Grand Prix du Conseil des arts, qui vise à reconnaître l'excellence d'une production ou d'un événement réalisé sur le territoire de la Ville de Montréal. Sept organismes se retrouvent en nomination dans les disciplines suivantes: arts visuels, arts médiatiques, cinéma et vidéo, danse, littérature, musique et théâtre.
Le lauréat du Grand Prix est désigné par un jury externe, formé de quatre personnalités montréalaises et présidé par le président du Conseil des arts. L'attribution du Grand Prix comporte une bourse de 25 000 $, assortie d'une oeuvre commémorative commandée à un artiste montréalais. Les six autres finalistes reçoivent un prix de reconnaissance de 5000 $.
Une réflexion interne
Depuis la fin de l'année 2003, le Conseil a entrepris un exercice de réflexion stratégique important. «On s'est demandé si le Conseil des arts fait bien ce qu'il fait et si nous ne pourrions pas faire davantage, ou si nous pourrions faire les choses différemment», explique M. Forget. Pour l'aider dans cette importante réflexion, le Conseil a fait appel à la maison SECOR, une firme-conseil en management qui est spécialisée en matière culturelle.
«Notre objectif est de faire des constats dans le milieu pour vérifier si les gens sont satisfaits du Conseil et s'ils le connaissent bien.» Depuis le début des consultations, certaines critiques reviennent plus souvent que d'autres. «On nous a dit que nous étions une machine bien huilée pour attribuer les subventions mais que, par ailleurs, on utilisait mal nos effets de levier et qu'on pourrait faire plus. Notamment en stimulant plus la concertation dans le milieu, en devenant davantage un lieu de rassemblement et en étant plus imaginatifs avec notre financement. On regarde toutes ces questions avec sérieux», affirme M. Forget.
Regard
sur les communautés montréalaises
«En général, on peut aussi s'entendre sur le fait que le Conseil n'est pas assez connu, notamment auprès des communautés culturelles», ajoute-t-il. Pour remédier à cette situation, le Conseil organise le 30 mars prochain une journée qui leur sera entièrement consacrée.
«Lors de cette journée, nous voulons d'abord leur parler de nous. Nous avons l'impression qu'il manque aux communautés culturelles des renseignements sur qui nous sommes. Nous voulons aussi les écouter pour voir avec eux comment on pourrait mieux les aider.» M. Forget a déjà en tête certaines pistes de réflexion, notamment la définition du Conseil pour les «organismes professionnels», les seuls à pouvoir bénéficier de subventions. En effet, l'institution n'octroie que des subventions aux organismes professionnels, et non pas aux personnes physiques.
«Notre définition d'organismes professionnels est peut-être trop rigide et il faudrait peut-être l'assouplir pour répondre à leurs besoins. Nous pourrions également mettre sur pied un système de parrainage entre des organismes existants et les communautés culturelles pour les aider à se constituer en compagnies et ainsi bénéficier de subventions», propose M. Forget.
L'exercice de réflexion entamé par le Conseil doit se poursuivre tout au long de l'année 2004. En attendant la fin de cette réflexion, M. Forget invite les organismes «à prendre connaissance de nos programmes. On donne une réponse favorable à la très grande majorité des organismes qui viennent nous voir et qui sont admissibles».
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