Séguin veut mobiliser les citoyens contre le déséquilibre fiscal
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Québec -- Le gouvernement du Québec entend être plus «agressif» et mobiliser la population pour forcer Ottawa à reconnaître l'existence du déséquilibre fiscal et à le corriger, a dit le ministre des Finances, Yves Séguin, hier.
Le ministre n'a pas voulu fournir plus de détails sur ses intentions.
Le gouvernement fédéral fait la sourde oreille aux récriminations du Québec malgré l'adoption d'une motion unanime de l'Assemblée nationale exigeant qu'Ottawa reconnaisse le déséquilibre fiscal et mette en place des mesures «correctives» dans son budget du 23 mars.
Non seulement le premier ministre du Canada, Paul Martin, refuse toujours de se commettre dans ce dossier, il a aussi prévenu les provinces mercredi de ne pas espérer un sou de plus cette année pour le financement du système de santé.
Qui plus est, M. Martin a fait savoir que les discussions avec les provinces dans le dossier des transferts fédéraux n'auront lieu que l'été prochain.
L'absence d'ouverture manifestée par le gouvernement fédéral irrite de plus en plus le ministre Séguin, qui ne sait plus à quel saint se vouer pour parvenir à boucler son propre budget le 30 mars.
«Je pense qu'il va être impératif que le Québec soit beaucoup plus agressif dans ses demandes vis-à-vis du gouvernement fédéral pour qu'Ottawa nous entende et nous comprenne», a-t-il dit.
L'opposition péquiste n'a eu de cesse de rappeler au ministre que Paul Martin avait déjà dit non en envoyant «paître» le Québec.
«Est-ce qu'il réalise que le premier ministre du Canada n'a aucun respect pour le nouveau gouvernement du Québec? Est-ce que quelqu'un de l'autre côté [de la Chambre] va enfin se lever pour défendre les intérêts des Québécois?», a lancé le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, François Legault.
«Je vais militer pour une seule chose, et ce sera mon combat de tous les jours, c'est défendre les intérêts du Québec», a dit M. Séguin, invitant son vis-à-vis péquiste à «s'élever au-delà des débats qui nous animent ici dans le quotidien et unir nos forces pour amener le gouvernement fédéral à accepter de nous redonner ce qui revient aux Québécois».
Les formations politiques doivent instamment mettre la partisanerie de côté pour forcer Ottawa à cesser «de venir piger dans nos poches, dans les poches des contribuables du Québec, pour se faire des surplus», a fait valoir le ministre.

