Martin pèse le pour et le contre d'une visite à George W. Bush
Mots clés : bush
Ottawa -- Les autorités américaines et canadiennes tentent d'organiser une visite de Paul Martin à la Maison-Blanche avant le déclenchement possible d'élections fédérales, a appris la Presse Canadienne. Mais la proximité d'élections potentielles amène le premier ministre à peser prudemment le pour et le contre de l'invitation du président George W. Bush avant de l'accepter, disent des sources bien informées.
Le chef de cabinet du premier ministre, Tim Murphy, son homologue américain Andrew Card, ainsi que Condoleezza Rice, conseillère de M. Bush en matière de sécurité nationale, et Jonathan Fried, conseiller du premier ministre pour les affaires étrangères, ont discuté d'une rencontre qui aurait lieu à la fin de mars ou le 1er avril. Cette dernière date tomberait à peine trois jours avant que M. Martin ait la possibilité de déclencher des élections.
Le personnel politique de M. Martin est divisé sur la pertinence d'un tel voyage si près de la date possible d'un appel aux urnes. Certains estiment qu'à cause de l'impopularité du président Bush auprès des électeurs canadiens, une visite à la Maison-Blanche représente un risque politique. D'autres y voient au contraire la possibilité pour M. Martin de marquer des points, politiquement, à la veille d'un scrutin, si jamais le premier ministre devait émerger de sa rencontre avec M. Bush avec un succès tangible.
Nouvelles concessions ?
M. Martin était sorti de son premier rendez-vous avec le président Bush, en janvier, avec deux résultats concrets: le président américain avait renversé une décision antérieure et autorisé le Canada à soumissionner pour les contrats de reconstruction en Irak, et promis de ne pas déporter de Canadiens vers des pays tiers sans en avertir d'abord Ottawa.
Ces concessions, M. Bush les avait faites au Mexique, au cours d'un entretien organisé en marge du Sommet des Amériques. Elles s'adressaient à un nouveau premier ministre qui avait fait des relations canado-américaines une priorité. Le président américain était également désireux de tourner la page de relations mouvementées avec le précédent premier ministre, Jean Chrétien. Aussi ses fonctionnaires lui ont-ils suggéré d'avoir un entretien un peu plus substantiel avec le premier ministre canadien avant d'être trop profondément engagé dans le calendrier électoral américain.
Cette fois encore, les conseillers du premier ministre voudront pouvoir compter sur l'obtention de résultats concrets avant de donner le feu vert à une rencontre à la Maison-Blanche. Ce pourrait être un appui de M. Bush à la réouverture des frontières canado-américaines au bétail sur pied exporté du Canada.

