Belinda Stronach s'attaquerait au déséquilibre fiscal

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Alec Castonguay
Édition du samedi 31 janvier et du dimanche 01 février 2004

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La candidate au leadership conservateur fait une première visite au Québec

Les 12 premiers mois d'un gouvernement fédéral dirigé par Belinda Stronach, candidate à l'investiture du nouveau Parti conservateur, seraient consacrés à corriger le déséquilibre fiscal entre le fédéral et les provinces, à réduire la taille de l'État et à annuler tous les dédoublements de ministères ou d'organismes, par exemple en matière d'environnement ou d'inspection des aliments.

S'exprimant pour la première fois au Québec hier, Belinda Stronach, 37 ans, a profité de son arrêt à Montréal, au chic club privé Saint James, pour ouvrir davantage son jeu et greffer un peu plus de substance à sa campagne au leadership du Parti conservateur du Canada.

«La commission Séguin a démontré l'existence d'un déséquilibre fiscal entre le gouvernement fédéral et les provinces. Il y a plus d'argent au gouvernement central alors que les besoins sont dans les provinces. Comme première ministre du Canada, je corrigerais le déséquilibre dans les 12 premiers mois de mon mandat», a-t-elle lancé à un parterre conquis d'avance, qui l'a chaudement applaudie.

Belinda Stronach veut également «éliminer les dédoublements» qui existent dans certains domaines, donnant l'exemple de l'environnement et de l'inspection des aliments, deux secteurs où le fédéral et les provinces sont présents. Lors du point de presse qui a suivi son allocution d'une quinzaine de minutes, elle a toutefois refusé de préciser si des ministères fédéraux pourraient éventuellement disparaître. «Il faut être plus efficace dans nos partenariats avec les provinces, il faut travailler ensemble, a-t-elle simplement expliqué. Il y aurait des négociations avec les provinces pour voir qui ferait le meilleur travail.»

Sans grande surprise, la candidate torontoise a réitéré son amour du Canada et du fédéralisme, précisant toutefois que le partage des compétences entre le fédéral et les provinces doit suivre la Constitution à la lettre. Fini, l'empiétement du gouvernement central dans les champs de compétence provinciaux, a-t-elle dit. «Chacun doit rester dans ses compétences et bien faire son travail. En santé, les provinces ont beaucoup de besoins. Il faut leur donner l'argent nécessaire et plus de flexibilité, ce que le gouvernement actuel ne fait pas.» Dans ce même domaine, Belinda Stronach ouvre la porte à une plus grande contribution du privé, «qui peut nous aider. Il faudra examiner la question de près».

Réduire la taille de l'État

Jusqu'à tout récemment présidente de la multinationale Magna, devenue l'entreprise de pièces automobiles la plus importante au monde, Belinda Stronach penche en faveur de taxes et d'impôts moins élevés. La taxe sur le capital des entreprises, notamment, serait abolie sous son règne.

Dans la même veine, la candidate veut réduire la taille de l'État, «sans réduire les services publics», question d'économiser en vue de futures baisses d'impôt. «Je veux faire du Canada le pays avec la meilleure structure de taxation au monde, a-t-elle lancé. Nous ne sommes pas compétitifs à l'heure actuelle. Il faut donner aux Bombardier et aux Cirque du Soleil un meilleur environnement [pour faire des affaires].» Aucune précision supplémentaire n'a par contre été donnée sur la façon d'y arriver.

Belinda Stronach a également félicité Jean Charest pour la création du Conseil de la fédération, une initiative qu'elle appuie. En point de presse, elle a toutefois refusé de dire si, selon elle, le Québec forme une nation. «Je respecte le caractère unique du Québec, son histoire, sa culture et sa langue», a-t-elle simplement déclaré.

La petite salle du Club Saint James était bondée de partisans de Belinda Stronach. La grande majorité des personnes venues l'entendre, surtout des hommes, s'exprimait en anglais. Rien d'étonnant puisque la candidate se débrouille très mal en français. Elle a d'ailleurs ouvert son discours sur une phrase hésitante dans la langue de Molière pour s'excuser de ne pas pouvoir s'adresser à son auditoire dans la langue la plus parlée au Québec. «Je promets de l'apprendre et de travailler fort pour écouter mes concitoyens dans les deux langues officielles», a-t-elle dit.


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