Consultations prébudgétaires - Séguin se dit «un peu» scandalisé par le sort réservé aux démunis

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Édition du samedi 31 janvier et du dimanche 01 février 2004

Mots clés : consultations

«La santé et le toit, ce sont deux choses fondamentales pour un être humain», dit le ministre des Finances

Alors que des manifestants étaient encore une fois massés à l'extérieur de l'hôtel où se tenaient les consultations prébudgétaires, le ministre des Finances, Yves Séguin, a tenté de donner l'image d'un homme à l'écoute, évoquant les préoccupations de son gouvernement pour la pauvreté et le logement social.

Cette troisième journée de consultations prébudgétaires se tenait hier à Montréal. La coalition «J'ai jamais voté pour ça», à laquelle on doit plusieurs des manifestations qui ont eu lieu en décembre dernier, a tenu à faire entendre son mécontentement au ministre Séguin.

Interrogé par les journalistes à l'intérieur de l'hôtel, le ministre a nié que son intérêt pour le logement social et la pauvreté soit soudain. «Non, je suis très sensible à ces questions-là. Ça me scandalise un peu, en 2004, qu'on soit encore à voir des situations très difficiles pour beaucoup de gens. La santé et le toit, ce sont deux choses fondamentales pour un être humain. Je suis convaincu que le gouvernement va faire l'impossible pour que, dans ces questions-là, de logement, de démunis, on avance.»

Il a notamment réitéré son ouverture à l'idée de rogner sur «certains privilèges, certaines aides fiscales», accordés aux mieux nantis pour en redonner aux plus démunis. «On pourrait déplacer cet argent-là vers ceux qui en ont le plus besoin, les plus démunis, les contribuables ordinaires, essayer d'en donner plus au logement social, quitte à couper certains avantages versés à des entreprises.»

Environ 200 mémoires ont été ou seront présentés lors de ces audiences, jusqu'à la fin février ou au début mars.

C'est sans doute le mémoire des professeurs Pierre Fortin, de l'Université du Québec à Montréal, et Marc Van Audenrode, de l'Université Laval, qui illustre le mieux le défi qui se pose au ministre Séguin. «Le problème budgétaire du Québec peut se résumer à la question suivante: que faire quand on est moins riche, qu'on dépense plus, qu'on est plus taxé, qu'on est plus dépendant, qu'on est plus endetté et qu'on vieillit plus vite que les autres?»

L'Union des municipalités du Québec a, sans surprise, redemandé que Québec partage les revenus de la taxe de vente du Québec avec les municipalités et demandé que Québec rembourse aux municipalités la TVQ qu'elles paient sur leurs achats. La présidente, Francine Ruest Jutras, a insisté pour que le gouvernement «se comporte en bon citoyen» et paie la totalité de ses compensations tenant lieu de taxes sur ses immeubles.


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