Les frères sollicitent les actionnaires minoritaires de Hollinger International - Accord avec Black: les jumeaux Barclay lancent leur campagne de séduction
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Les jumeaux britanniques Barclay sont sortis de l'ombre afin de tenter d'appâter à coup de millions les actionnaires de Hollinger International qui s'opposent à leur accord passé avec Conrad Black pour racheter son empire de presse.
Les jumeaux tentaient de dynamiter le blocage qui oppose depuis deux semaines lord Black et sa filiale américaine, éditrice du Daily Telegraph de Londres et du Jerusalem Post. Conrad Black a passé un accord avec les jumeaux qui, contre 605,6 millions de dollars, prendraient le contrôle de son holding de Toronto, Hollinger, maison-mère de Hollinger International.
Bloquer la transaction
Mais Hollinger International multiplie les actions en justice et auprès des autorités boursières pour bloquer la transaction, chargeant la banque Lazard de mettre l'empire de presse aux enchères pour trouver des repreneurs alternatifs. Car la maison-mère ne contrôle que 30,3 % du capital et 72,6 % des droits de vote de Hollinger International. Pour les fonds de pension et banques qui forment les autres actionnaires de la filiale, l'accord avec les Barclay est sans intérêt: ils ne toucheront pas un dollar puisque c'est le holding de Toronto qui est racheté, et ils verront simplement les Barclay s'asseoir au conseil d'administration, là où siégeaient auparavant Conrad Black et sa femme.
Et les relations entre Conrad Black et sa filiale ne sont pas facilitées par le fait que la société l'a débarqué de ses postes de direction et lui réclame, avec des associés, plus de 200 millions de dollars indûment touchés.
Lord Black a changé les règles de fonctionnement de sa filiale pour exiger l'unanimité du conseil sur toute transaction. La société a répliqué en adoptant un complexe pacte d'actionnaires défensif -- une «pilule empoisonnée» -- pour dissuader les jumeaux.
L'un d'entre eux, sir Frederick, a donc pris son téléphone et proposé aux actionnaires réticents de leur acheter leur titre 18 $, alors que l'action Hollinger International valait en moyenne autour de 15 $ ces derniers temps à New York. C'était accepter de remettre plus de un milliard de dollars supplémentaires sur la table. Peine perdue. Les actionnaires de la filiale américaine continuent de penser qu'ils peuvent vendre à meilleur prix.
Les jumeaux «essaient de court-circuiter une mise aux enchères ouverte», une tactique «honteuse», dénonce dans le Globe and Mail Laura Jereski, analyste de la firme d'investissement new-yorkaise Tweedy Browne, l'un des plus gros actionnaires de Hollinger International.
Mme Jereski annonce aussi qu'elle a signalé aux autorités boursières de Toronto que, dans leur accord avec Conrad Black, les jumeaux ont accepté de rembourser les intérêts d'une émission obligataire à sa place. Cela revient à lui verser 66 millions de dollars supplémentaires, dit-elle.
En attendant, les plaintes en tout genre déposées à New York, Toronto, dans l'Illinois et le Delaware continuent de courir.
Et c'est compter sans la Commission américaine des opérations de Bourse (SEC), qui attend dans les coulisses. Le gendarme de la Bourse de New York surveille pour l'instant les travaux du comité spécial qu'il a fait mettre en place pour éplucher les comptes de Hollinger International et dénicher d'autres irrégularités de l'époque de Lord Black.
À New York, les investisseurs spéculent sur le titre qui, autour des 16,50 $, a rallié son plus haut depuis un an.

