États-Unis - Les anti-avortement manifestent
Mots clés : avortement
George W. Bush leur signifie son soutien
Rosswell - Le président des États-Unis, George W. Bush, a apporté hier son soutien aux manifestants anti-avortement, saluant notamment leur «cause juste».Cette manifestation, appelée «marche pour la vie», coïncide avec le jour-anniversaire de l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis légalisant l'interruption de grossesse.
«La vie humaine est une création, pas un bien matériel, et ne doit pas être utilisée comme élément de recherche et des expériences», a ajouté le président Bush. Il a rappelé plusieurs décisions prises depuis le début de son mandat, comme l'interdiction du clonage humain et, en novembre dernier, l'adoption d'une loi interdisant une méthode chirurgicale d'avortement tardif.
Cette loi avait été immédiatement contestée en justice par plusieurs associations, dont l'Union américaine pour les libertés civiques, qui cherchent à empêcher ce qu'elles considèrent comme un premier empiétement sur le droit à l'avortement, consacré par une décision de la Cour suprême en 1973.
«Je veux que vous sachiez que mon gouvernement défend vigoureusement cette loi contre tous ceux qui veulent l'annuler devant les tribunaux», a ajouté M. Bush, ajoutant que «nous savons qu'il faut encore faire davantage».
Il a rappelé avoir proposé dans son discours sur l'état de l'Union mardi dernier un doublement des fonds fédéraux en faveur des campagnes pour l'abstinence sexuelle.
M. Bush appelle chaque année les organisateurs de la marche pour la vie depuis son arrivée au pouvoir en 2001. Il doit se représenter pour un second mandat en novembre prochain.
Cour suprême
Les quatre candidats démocrates qui ont des chances d'emporter l'investiture pour affronter Bush, à l'élection présidentielle de novembre, affichent tous une sensibilité favorable à l'avortement.
En revanche, une large frange conservatrice de l'électorat républicain y est passionnément opposée. Et le président Bush, «même s'il tente parfois d'éluder la question, se range clairement du côté des opposants à l'avortement», souligne le politologue Allen Lichtman. «Cette position est souvent motivée par des convictions religieuses que Bush partage.»
Les partisans «pro-choix» redoutent des nominations de juges conservateurs à la Cour suprême, en cas de deuxième mandat Bush et de forte majorité républicaine au Sénat. «Supprimer le droit à l'avortement provoquerait sans aucun doute une révolution sociale dans le pays, mais il ne faut pas imaginer que cela soit exclu», estime M. Lichtman.
L'avortement reste un sujet ultrapassionnel aux États-Unis, même si l'opinion sur cette question a peu évolué depuis une vingtaine d'années, comme le souligne Tom Smith, directeur d'un centre de recherches sur les questions de société à l'université de Chicago. «La majorité des gens n'ont pas un avis absolument tranché sur la question, explique-t-il. Un peu moins de 10 % sont inconditionnellement contre, 30 % inconditionnellement pour, ce qui laisse 60 % de gens entre les deux.»

