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Que sont les parents devenus ?

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Ginette Desmarais (g_desmarais@sympatico.ca)
Envoyé Le samedi 20 décembre 2003 12:00



La progéniture actuelle se trouve donc livrée à l'avidité des marchands, non seulement à la télévision, mais dans ce milieu protégé que devrait être l'école, et dont le rôle majeur est de développer la pensée. De retour à la maison après avoir été influencés par quelques messages mercantiles, les jeunes se ruent sur Internet et naviguent d'un site douteux à l'autre, sans surveillance, ou regardent défiler à la télévision des images vulgaires, entrecoupées de pubs débiles, dans une langue abâtardie, pendant que les parents exténués par la « rat race » quotidienne, ne se rendent compte de rien.

Par la passivité incroyable des parents, des professeurs et de l'état devant ceux et celles qui façonnent le cerveau de leurs enfants sans demander leur avis, les adultes démontrent de façon éclatante qu'ils sont devenus, eux aussi, de purs producteurs-consommateurs, incapables de réflexion, trop gavés eux-mêmes de pubs pour réagir, trop fatigués, complètement dépassés. À la limite, on pourrait affirmer qu'ils ont engendré leurs enfants, mais que la suite du programme ne leur appartient plus. Ils s'en remettent à l'école, qui, elle-même, s'en remet aux entreprises, car l'État n'est plus en mesure de subvenir convenablement aux besoins des institutions.

Et pourtant, les solutions existent. Elles se trouvent dans le champ des solidarités sociales et demandent un renversement de vapeur. Curieusement, personne ne crie ou descend dans la rue pour dénoncer la situation décrite dans votre article. Au Québec maintenant, chaque communauté défend ses intérêts propres. Mais dans le cas des jeunes, cette façon de voir ne peut absolument pas s'envisager, pour la simple raison que ce sont.des jeunes ! Ce n'est pas aux jeunes à s'occuper d'eux-mêmes. Ils ont besoin d'être protégés, de connaître les limites acceptables de leurs comportements, et d'être éduqués par des adultes désintéressés qui ont en vue leur épanouissement personnel et social. Or, laisser le champ libre aux marchands traduit une démission incompréhensible du rôle des parents, des professeurs, du gouvernement, bref de l'autorité tout court. C'est bien de faire la chasse aux pédophiles, mais qui fait la chasse aux marchands pour protéger cette jeunesse du "brave new world" ?

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