Ed Broadbent revient à la politique
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L'ex-chef du NPD sera candidat dans un comté d'Ottawa

Photo: Agence Reuters
Le NPD a dernièrement entrepris une remontée dans les sondages. Bien qu'affichant toujours un pourcentage d'appui relativement faible (15 %), il figure maintenant au deuxième rang dans les intentions de vote des Canadiens, derrière le Parti libéral. Même au Québec, il est sorti de l'insignifiance en obtenant 9 % des intentions de vote. Reste à voir quel impact aura l'annonce de M. Broadbent. Sous son leadership, de 1975 à 1989, le NPD a connu des heures de gloire, faisant élire entre 26 députés (en 1979) et 43 députés (en 1988) à la Chambre des communes. M. Layton n'a d'ailleurs pas hésité à dire hier que cette décision de M. Broadbent était «le plus beau cadeau de Noël que j'aie jamais eu».
L'entrée de l'homme au Parlement n'est pas chose assurée. Encore devra-t-il être élu dans la circonscription d'Ottawa-Centre. Le siège est vacant depuis que le libéral Mac Harb a été nommé au Sénat. C'est Richard Mahoney, qui a travaillé pour Paul Martin lors de ses deux courses au leadership, qui tentera sa chance pour le Parti libéral. La circonscription est libérale depuis sa création, en 1968, avec pour seule exception l'élection d'un néo-démocrate -- à l'arraché -- en 1984. Cela n'effraie pas M. Broadbent. «Quand je me suis présenté dans ma ville natale d'Oshawa, le NPD n'avait jamais détenu ce siège au fédéral. Et j'ai été réélu à sept élections consécutives.»
M. Mahoney dit ne pas avoir peur lui non plus, surtout qu'il juge suranné le discours de M. Broadbent. «Il parle encore de la lutte des classes, des pauvres contre les riches. C'est tellement un vocabulaire du passé», a-t-il confié au Devoir. «Les gens d'Ottawa-Centre sont préoccupés par la santé, l'économie, la qualité de vie.»
Le chef du NPD, Jack Layton, n'a pas de siège à la Chambre des communes. Il a toujours dit qu'il ne ferait son entrée que lors des prochaines élections générales. Il compte se présenter dans une circonscription du centre-ville torontois (Toronto-Danforth), actuellement détenue par le libéral millionnaire Dennis Mills. M. Mills est populaire dans son comté pour avoir organisé, entre autres, la venue des Rolling Stones lors de la crise du SRAS. M. Mills n'a pas rappelé Le Devoir hier, mais il a laissé entendre au cours des derniers jours qu'il songeait peut-être à «passer à autre chose».
Et Bernard Lord, lui?
De l'autre côté du spectre politique, au Parti conservateur, les tentatives de séduction se poursuivent auprès du premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord. La faction plus progressiste du parti voudrait convaincre M. Lord, perçu comme un des leurs, de se lancer dans la course au leadership du nouveau parti. «Il y a deux camps dans l'entourage de M. Lord, explique une personne au fait du dossier. Il y a ceux qui ont une perspective fédérale et qui lui disent d'y aller, et il y a ceux qui regardent plus la scène provinciale et qui lui disent d'oublier cela. Nous, on reçoit deux messages: il dit qu'il n'est pas intéressé, mais l'autre jour, il nous a dit: "La porte est fermée, mais je regarde par la fenêtre!", alors... »
Selon cette source, il est vrai que l'ex-chef Brian Mulroney et le premier ministre albertain Ralph Klein auraient sollicité M. Lord. «C'est vrai que M. Mulroney demande à M. Lord d'entrer dans la course, mais il dit la même chose à Peter MacKay!»
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