L'adversaire d'Éric Lucas - Danny Green est devenu un boxeur dangereux

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Édition du vendredi 19 décembre 2003

Mots clés : boxe

Adolescent, Danny Green aimait la boxe, mais une carrière de pugiliste professionnel n'occupait pas ses pensées. Dix ans plus tard, son nom s'est hissé près du sommet du classement des super-moyens et il menace de mettre fin au rêve du Québécois Éric Lucas de reconquérir le titre mondial du Conseil mondial de la boxe (WBC), tout en entretenant le sien, celui de décrocher la ceinture de la catégorie.

Le combat pour le championnat du monde intérimaire des super-moyens du Conseil mondial de la boxe (WBC) sera présenté au Centre Bell, demain.

Né à Perth le 9 mars 1973, Green a passé ses jeunes années à tenter de dominer les vagues de la côte ouest de l'Australie sur sa planche de surf, ou à marquer des points lors de matchs de football australien. Mais pas à envoyer ses adversaires au tapis pour le compte de dix.

Ce n'est qu'à l'âge tardif de 20 ans que Green s'est lancé dans la boxe. Pendant huit ans, il a mené une carrière amateur sans grand lustre, remportant 35 victoires, dont 21 avant la limite, en 43 combats.

«Chez les amateurs, Green a été bon sans être exceptionnel. Il ne sortait pas véritablement du lot», s'est rappelé Yvon Michel, qui a suivi les rangs amateurs de près à titre de directeur général de la Fédération québécoise de boxe olympique dans les années 1990.

Green a participé aux Jeux du Commonwealth de 1998 à Kuala Lumpur et aux Jeux olympiques de Sydney, deux ans plus tard.

Devant ses compatriotes, il avait remporté son premier combat avant de s'incliner aux points devant l'éventuel médaillé d'or des moins de 81 kg, le Russe Alexandre Lebziak.

«Il était confronté à un dur cogneur et il a encaissé tous ses coups sans tomber, s'est rappelé Bernard Barré, qui agissait à titre d'analyste pour le compte de Radio-Canada. À défaut de monter sur le podium, il avait montré qu'il était très solide sur ses jambes.»

Green a fait le saut chez les professionnels en 2001. Ce faisant, il a traversé le pays d'ouest en est jusqu'à Sydney pour se joindre à l'écurie de l'entraîneur Jeff Fenech.

Une idole en Australie, Fenech (28-3-1, 21 KO) a connu ses heures de gloire vers la fin des années 80, remportant des titres mondiaux dans trois catégories de poids différentes, soit les poids coq, les super-coqs et les poids plumes. En 2002, il a été intronisé au Panthéon de la renommée de la boxe internationale.

L'association entre Fenech et Green semble avoir porté fruit, bien que le déclic ne se soit pas fait du jour au lendemain.

Jusqu'à ce qu'il ne subisse une controversée défaite aux mains de Markus Beyer, en août 2003, Green avait gagné ses 16 premiers combats, tous avant la limite.

«Il y a un an et demi, je pensais que nous perdions notre temps, a relaté Fenech, mercredi. Mais soudainement, il a commencé à s'améliorer. Maintenant, il est irrésistible. Vous pouvez me croire.»

Mais en vertu de toutes ces victoires expéditives, Green ne totalise que 58 rondes d'expérience chez les professionnels. Or, en Lucas, l'Australien affrontera un adversaire de seulement deux ans son aîné, mais qui est monté dans le ring en 44 occasions et livré 353 rounds en carrière.

De plus, la brochette d'adversaires de Green n'approche nullement celle de Lucas, lui qui a livré bataille à des rivaux aussi réputés que Roy Jones fils, Fabrice Tiozzo et Omar Sheika.

Mais le passé de Lucas pourrait avantager... Green, croit l'Australien.

«Éric a disputé beaucoup de combats difficiles et éprouvants, et peut-être qu'ils ont sapé ses forces, a estimé Green. Je pense être plus fougueux et posséder cette soif de victoire.»


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