Une disparition regrettable

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Bernard Descôteaux
Édition du vendredi 19 décembre 2003

Mots clés : find

Le Festival international de nouvelle danse, le FIND, n'est plus. Devant les difficultés financières apparemment insurmontables, son conseil d'administration a décidé de mettre fin à ses activités. Pour Montréal, le Québec et même le Canada, il s'agit d'une perte considérable.

Si Montréal est aujourd'hui reconnu dans le monde entier comme une plaque tournante de la danse contemporaine, on le doit au FIND, qui était le festival de danse le plus important au Canada. Grâce à cet événement, Montréal était devenu un lieu de rencontre indispensable pour les créateurs en danse. Ce festival contribuait à projeter à l'étranger l'image d'une société moderne au Québec et au Canada, à mille lieues de la traditionnelle «cabane au Canada».

La programmation de ce festival, toujours audacieuse, mariait chorégraphes du monde entier et chorégraphes québécois. Si les compagnies de danse québécoises tournent autant à travers le monde, elles le doivent en partie au FIND, qui a contribué à leur notoriété. Elles ont pu se faire connaître des programmateurs étrangers, qui affluaient toujours nombreux à cet événement. Pour nombre d'entre elles, ce fut un tremplin.

Aujourd'hui, le monde de la danse est consterné. On se demande si tout a été tenté pour sauver le FIND. Manifestement, les organismes subventionnaires et la direction du festival divergeaient au sujet des orientations à donner à cet événement.

Après 20 ans d'existence, ce festival souffrait d'un certain épuisement, comme en témoignent les efforts faits par sa directrice, Chantal Pontbriand, pour explorer de nouvelles avenues. Malgré le poids des dettes accumulées, elle voulait mettre sur pied un laboratoire de recherche sur la danse et faire du festival lui-même un événement annuel plutôt que biennal. C'était une avenue dans laquelle les subventionnaires ne voulaient pas la suivre. Le FIND n'ayant plus les moyens financiers de son audace, ses dirigeants ont préféré abandonner la partie plutôt que de s'engager dans un processus de redressement.

Cette décision du FIND dessert le milieu de la danse qui, à moins d'un improbable revirement de situation, perdra un levier de développement essentiel. Il sera certes possible de mettre sur pied un nouvel événement, mais cela exigera des efforts. De plus, il faudra du temps pour qu'un nouveau festival retrouve, ici et à l'étranger, la notoriété que le FIND avait acquise.

L'appui financier des gouvernements sera essentiel pour créer un nouveau festival. L'argent qu'ils consacraient au FIND doit demeurer disponible à cette fin et non pas être redistribué à gauche et à droite. La disparition du FIND fait ressortir la précarité du milieu de la danse. C'est l'occasion pour les organismes subventionnaires de réitérer leur engagement à le soutenir.

bdescoteaux@ledevoir.ca


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